L'humeur d'un cérémoniaire du dimanche... Sujets de fond et sautes de caractère.
Extrait d'un sermon de Mgr. Ronald Knox (1888 - 1957)
Traduction Louis-Marie
« Lorsque le Prêtre dit pour vous trois fois Domine non sum dignus juste avant la Communion, vous devriez imaginer Notre Seigneur en personne se reculant légèrement et vous faisant attendre quelques instants afin de s’assurer de vos dispositions. En effet, Il le faisait souvent, juste avant de consentir à faire un miracle…
Mais, lorsque je parle de s’assurer de vos dispositions, est-ce que je veux dire qu’Il regarde dans vos cœurs afin d’en trouver un pareil au Sien ? Devons-nous être d’ores et déjà d’une humilité semblable à la Sienne, déjà infatigables à Son service, déjà parfaitement résignés à toutes les souffrances qui pourraient nous être échues ? Et, sans cela, s’abstenir de Le recevoir ? Non, car si je vous disais cela, cela signifierais que la Sainte Communion est un privilège réservé à une petite élite d’âmes quasi-parfaites, et alors je serais tombé dans l’erreur janséniste, et je ferais injure à la mémoire de ce si grand Pape qui vient d’être élevé aux Autels de nos églises. Si Pie X doit laisser un souvenir dans l’histoire, on s’en souviendra comme celui qui a ouvert largement les grilles des sanctuaires aux âmes hésitantes et scrupuleuses, aux indignes qui se savent indignes.
Donc, les dispositions dont je parle ne sont pas de celles qui nous rendent dignes de recevoir la Sainte Communion : car nous communions dans le but de nous trouver nous-mêmes en ces dispositions. La seule nécessité est donc de vouloirs se trouver en ces dispositions. Mais la difficulté, vous le savez, n’est pas que nous ne sommes pas des saints, mais que nous ne voulons pas être des saints. Seigneur, je ne suis pas digne parce que je ne suis pas humble, mais je désire être humble. Seigneur, je ne suis pas digne parce que je suis lent et paresseux à Votre service, mais je déteste cette lenteur et cette paresse. Seigneur, je ne suis pas digne car je ne sais pas souffrir, mais comme j’aimerais qu’il en fut autrement ! Qu’il en soit autrement, Seigneur, dites seulement une parole et Votre serviteur sera guéri. »
