L'humeur d'un cérémoniaire du dimanche... Sujets de fond et sautes de caractère.
Le peintre français Philippe Lejeune, né en 1924, est un des rares peintres religieux contemporains. Lui comme sa peinture refusent, selon ses propres mots,
« l'intégrisme de la peinture informelle », et en effet, on peut y voir une véritable force de subversion. Ce n’est pas comme la plupart des objets remplissant, disons par exemple
Beaubourg, ou le déconcertant Musée d’Art Contemporain de Vitry sur Seine (que j’ai quand même fait l’effort de visiter, critiquer sans connaitre étant faire mauvaise et forcément injuste
critique) et qu’on peut positivement qualifier de non-création élevée au rang d’œuvre d’art. Dans la peinture contemporaine de M. Lejeune, je vois de la peinture iconique, moyenâgeuse,
renaissance, classique… en réminiscences aussi subtiles que fugaces et délicieuses à rechercher. À un langage résolument moderne - débarrassé des contingences dans lesquelles les peintres
religieux se trouvaient autrefois, contraint de plaire à un clergé qui restreignait, le plus souvent sagement d’ailleurs, leur imagination - se mêlent des réminiscences de Roublev, Giotto,
Fra Angelico, Dürer, Cranach, Poussin et Le Sueur. Certes, ses personnages ont l'air très humains, et sont rarement pourvus d'auréoles ou d'autres signes de sainteté, mais en même temps les
positions et actions sont unéquivoques, et une véritable transcendance picturale est visible.
Comme disent les anglomanes, enjoy !
Les Enfers
La Résurrection des morts
La Nativité
Le droit d’asile
L’annonce aux bergers
Le jardin des oliviers
Toutes les images proviennent du site internet de Philippe Lejeune, dont je vous conseille chaudement la visite.
Et puis, pour aller de pair avec ceci, faisons une incursion dans le domaine de la musique sacrée contemporaine: O magnum Mysterium, de Morten Lauridsen, chanté par la Maitrise de la Cathédrale de Winchester: