L'humeur d'un cérémoniaire du dimanche... Sujets de fond et sautes de caractère.
Aujourd'hui, j'ai honte. Mon pays, celui auquel je paie des impôts, a un sens des priorités complètement aberrant. Il vient de verser des milliards d’euros dans un énième plan de renflouement de la Grèce, alors qu’en Afrique des millions de personnes sont sur le point de mourir de faim. La comparaison de la richesse par tête entre d’une part la Grèce et d’autre part le Kenya et la Somalie, choquante, devrait nous inciter à donner plutôt à l’Afrique de l’Est qu’aux Balkans. Point barre.
Mais outre cela, il y a plus choquant. En effet, le plan d’aide à la Grèce, ce sont des milliards qui s’évaporent dans les circuits financiers et ne vont profiter à personne, et surtout pas aux grecs. C’est un plan intéressé : nous n’aidons pas la Grèce, nous tentons de sauver l’euro (notre monnaie). Et enfin, c’est un plan à court terme : aujourd’hui, la Grèce met l’euro en danger. Demain, ce sera le Portugal, ou l’Irlande, ou la Slovaquie… il y aura toujours un pays à renflouer pour les États de la zone euro, et cela sera sans fin. Voilà le résultat d’une monnaie unique plaquée sur des États aux économies différentes et aux besoins monétaires différents (parfois antithétiques !).
Le renflouement de l’euro, c’est le tonneau des danaïdes. L’aide humanitaire en Afrique, c’est des estomacs pleins, des vies sauvées.
Dommage que la France ait choisi le tonneau des danaïdes, c'est-à-dire ce qui est quand même, dans la mythologie grecque ( !) un terrible châtiment.
Le Christ parmi les pauvres