L'Abbé Finegan nous livre sur son blogue la
transcription de quelques pages d'un Missel datant de 1519 selon le rite de Nidaros (ville aujourd'hui appelée Trondheim), c'est à dire la variation locale du rite romain (au même titre que le
rite de Sarum en Angleterre, ou les divers rites Gallicans en France) propre à la Norvège Catholique d'avant la réforme protestante. Il est un détail particulièrerement intéressant consistant en
certains variations du texte du Gloria lors des fêtes de la sainte Vierge. Et en toute occasion, l'Ave Maria est rajouté aux prières au bas de l'Autel. De telles variations sont à ma
connaissances uniques à ce rite (on ne le trouve ni dans le rite de Sarum, ni dans les différents usages gallicans, moearabe ou ambrosien), mais je ne m'avance pas trop n'ayant jamais eu
l'occasion de parcourir les autres usages du rite romain existant en Scandinavie et en Allemagne du Nord avant la Réforme luthérienne.
La cathédrale de Trondheim-Nidaros sous la neige
In summis de beata virgine
Gloria in excelsis Deo. Et in terra pax hominibus bonæ voluntatis. Laudamus te. Benedicimus te.
Adoramus te. Glorificamus te. Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam. Domine Deus, Rex cælestis, Deus Pater omnipotens. Domine Fili unigenite, Iesu Christe. Spiritus et alme orphanorum
paraclite.Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris. Primogenitus Marie virginis matris. Qui tollis peccata mundi, miserere nobis. Qui tollis peccata mundi,
suscipe deprecationem nostram. Ad Marie gloriam. Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis. Quoniam tu solus Sanctus. Maria
sanctificans. Tu solus Dominus. Mariam gubernans. Tu solus Altissimus, Maria coronans, Iesu Christe, cum Sancto
Spiritu, in gloria Dei Patris. Amen.
Ferialibus diebus de domina.
Gloria in excelsis Deo. Et in terra pax hominibus bonæ voluntatis. Laudamus te. Benedicimus te.
Adoramus te. Glorificamus te. Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam. Domine Deus, Rex cælestis, Deus Pater omnipotens. Domine Fili Marie unigenite,
Iesu Christe. Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris. Qui tollis peccata mundi, miserere nobis per precem piissimam tue matris Marie virginis. Qui tollis
peccata mundi, suscipe deprecationem nostram. Ut nos tibi placeamus iugiter et sacrosancte tue matri Marie virgini. Qui sedes ad dexteram Patris, miserere
nobis. Per Marie suffragia que est mater sue prolis et filia. Quoniam tu solus Sanctus. Maria sola mater innupta.Tu solus
Dominus. Maria sola Domina. Tu solus Altissimus, Pater Marie et filius Iesu Christe, cum Sancto Spiritu, in gloria Dei
Patris. Amen.
Les pages du Missel de 1519 comportant les Gloria "mariaux". Cliquez pour agrandir
Ces variations du Gloria expriment très bien la profondeur et la force de la foi mariale au
moyen-âge. Bien que le sujet soit polémique et que cette croyance n'ait jamais été érigée en dogme, la doctrine de la Vierge Marie co-rédemptrice transparait (notamment avec "Maria sola
Domina", Marie est seule reine), et on peut comprendre les hésitations de Luther, et la forte réaction de la Réforme protestante à cette exhaltation de la Sainte Vierge. Car, il est juste,
bon, et notre devoir de plus-que-vénérer (le terme théologique est hyperdulie) la Sainte Vierge, comme Son Divin Fils l'a lui même fait durant Son enfance; mais la Vierge cherche avant tout à
nous mener à Son Fils. Point une déesse des Catholiques, comme le prétendent de nombreux protestants, la Sainte Vierge Marie peut être regardée comme un miroir où se reflète le visage du
Christ.