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L'humeur d'un cérémoniaire du dimanche... Sujets de fond et sautes de caractère.

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Un problème de latinisation

Un petit tour sur les sites internet des diocèses de l’Église Catholique Syro-Malabare permet de se rendre compte d’un fait affligeant : la fâcheuse influence du rit Latin sur les rits orientaux n’a pas fini de se perpétuer. Le dernier avatar de ce courant est la pratique de la Messe (où plutôt, dans l'Église rituelle dont nous parlons, le Saint Qûrbana) célébrée versus populum, c'est à dire le Prêtre faisant face aux fidèles à travers l'Autel.

L’influence du rit Romain n’est pas nouvelle dans les Églises orientales du Kerala, qui ont subie au XVe siècle une latinisation forcée sous la domination d’Évêques portugais, mais avec la création de diocèses spécifiques pour les fidèles orientaux dans les années 1920 on aurait pu croire que ce phénomène cesserait. Hélas, la réforme liturgique du rit Latin durant les années 1960, fondée sur le concept mal compris et mal appliqué de participation active à la Messe a donné des ailes à un mouvement similaire dans certaines Églises orientales.

La comparaison est parlante. Ci-dessous, une église syro-malabare meublée de façon traditionnelle, dans le respect des rubriques de ce rite. Notez le rideau de chœur (le voile du Saint des Saints), hérité de la synagogue, et qui est également utilisé dans le rit Arménien.


syro3.JPG


De même, la Messe dans le rit Syriaque se célèbre normalement de cette façon :


syr5.jpg

 

syr4.jpg


Ainsi, il est anormal, et en contravention avec le Code de droit Canon des Églises orientales qui précise (je ne sais plus à quel canon) que la position ad orientem est la position de célébration licite et normative dans les rites orientaux de voir telles célébrations :

 

syro1.JPG

 

syro2.JPG

 

Il est vraiment dommage que certains Catholiques orientaux adoptent ces coutumes nouvelles, qui n’ont que soixante ans tout au plus, et qui sont incongrues dans ces rits millénaires. D’autant plus que ce sont souvent les mêmes qui rejettent les très rares emprunts souhaitables que les rits orientaux pourraient faire à la coutume latine (comme par exemple, l’exposition du Saint Sacrement).

 

Croix-de-Saint-Thomas.jpg

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