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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 17:03

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Il n’y a pas de réponses faciles. Un entretien avec l’Évêque de Shanghai Aloysius Jin Luxian S.J.

 

NDLR : Le Dr. Anthony Clark, Professeur assistant d’histoire de l’Asie à l’Université Whitworth de Spokane (État de Washington, USA) est allé en Chine faire des recherches cet été. Cet entretien fut mené quelques jours avant celui avec le Cardinal Joseph Zen de Hong-Kong.

 

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La cathédrale Saint-Ignace à gauche, et à droite le nouveau palais épiscopal

 

C’est au quatrième étage de l’imposant et nouveau palais épiscopal de Shanghai que se trouvent les appartements de l’Évêque officiel plus puissant de Chine, Mgr. Aloysius Jin Luxian, 94 ans. Alors que les millions de touristes qui déferlent en ce moment dans la ville afin de visiter l’Exposition Universelle recherchent un avant-goût du futur, l’antédiluvien Mgr. Jin semble être une relique du passé de la Chine, pré- et postcommuniste. Dans le paysage Chrétien d’aujourd’hui, il est devenu une figure imposante, comme son nouveau palais épiscopal, et accessible seulement après avoir traversé plusieurs niveaux de portes à code.

L’Évêque est extrêmement lucide et énergique, ce qui est surprenant de la part d’un quasi-centenaire souffrant de diabète. C’est un des hommes d’Église les plus énigmatiques, et on en arrive à se demander fréquemment si ses déclarations sont vraies, ou s’il s’agit d’une affirmation biaisée, mode d’élocution qui doit être le résultat de ses nombreuses années à négocier avec le pouvoir communiste. Ce pouvoir le tient d’ailleurs sous une surveillance sourcilleuse, en tant que prélat le plus médiatisé de Chine continentale.

Mgr. Jin fut en ce qu’il me semble franc avec moi, connaissant la vigilance que l’on doit conserver lorsqu’on évoque le rôle du gouvernement dans les questions religieuses.

 

Les églises Catholiques de Shanghai ne ressemblent pas aux autres églises chinoises : elles sont fréquentées par beaucoup d’étrangers, et reçoivent beaucoup d’argent de leur part. Elles sont donc beaucoup mieux entretenues. La patte de Mgr. Jin est discernable partout dans le diocèse, en ce qu’il l’a rendu solvable financièrement, notamment grâce à des devises étrangères. Et l’Évêque est incontestablement fier de ses succès. On peut pourtant se demander  en quelle mesure le gouvernement à aidé à la renaissance du Catholicisme dans un diocèse dévasté par les purges et les pillages de la Révolution Culturelle. Certains considèrent que les résultats sont de plus grande importance que les moyens employés pour y parvenir. Pour les communautés clandestines cependant, la seule conduite acceptable est une obéissance sans contestation et un soutien total au Pape. Shanghai est donc un exemple de la façon dont l’Église qui est en Chine est divisée.

 

Certains faits concernant le diocèse sont peu connus : Mgr. Jin n’est en fait pas titulaire de son diocèse, et dans un pays où les ordres religieux sont interdits, il n’est pas le seul Évêque Jésuite. De fait, selon le Vatican, l’Évêque titulaire de Shanghai est Mgr. Fan Zhonglian S.J., et Mgr Jin son coadjuteur. Bien évidemment, selon le gouvernement chinois, cela n’est pas son statut : les documents officiels ne mentionnent que le « Père Évêque Jin »  comme ordinaire du diocèse. Lorsqu’on questionne un Prêtre ou un Évêque chinois sur l’état de l’Église qui est en Chine, on se fait répondre « C’est compliqué ».

 

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La nef et le choeur restaurés de la cathédrale St Ignace

 

Mgr. Jin est une personnalité compliquée, et il l’admet. Pour lui, sa complexité réside dans la façon dont il fait fonctionner les choses. Lors des grandes persécutions des années 50, lui comme son Évêque Mgr. Gong Pinmei (qui fut par la suite créé cardinal) furent arrêtés et emprisonnés pour avoir refusé la politique du parti. Désormais, de nombreux Catholiques se demandent si le succès de leur Évêque, qui a passé des décennies en prison, n’est pas lié à un changement d’approche de sa part envers le gouvernement.

 

Anthony Clark : « - Monseigneur, quelle est pour vous la situation générale de l’Église qui est en Chine en ce moment, et comment naviguez-vous parmi les difficultés qu’impliquent le fait d’être un Évêque Catholique dans un pays communiste ?

 

Mgr. Jin : - Effectivement, les choses sont compliquées ici. Je dois être à la fois serpent et colombe, et c’est ce que je suis. Pour le gouvernement, je suis trop proche du Vatican, et pour le Vatican je suis trop proche du gouvernement. Je suis tout à fait coincé entre le contrôle exercé par le gouvernement, et ce que me demande le Vatican. Lorsque je suis sorti de prison l’Église était totalement en ruines, et après avoir remplacé mon prédécesseur (Mgr. Aloysius Zhang Jiashu, consacré illicitement, ndlr), j’ai écrit des centaines de lettres aux Églises locales du monde entier quémandant de l’argent afin de restaurer le diocèse. La plupart de l’argent vint d’Allemagne, certaines sommes me parvinrent d’autres pays européens et d’Amérique. Mais je n’ai rien reçu du Vatican.

J’ai tenté de faire permettre de nouveau la prière pour le Pape lors de la Messe. Mais à cette époque, deux choses étaient strictement interdites : implémenter la réforme liturgique du Concile Vatican II, ce qui aurait constitué une capitulation devant des directives romaines, et prier pour le Pape pendant la Messe. Du point de vue du gouvernement, l’Église de Chine était entièrement indépendante de Rome. J’ai été plus de dix fois à Pékin  demander aux autorités de nous autoriser à prier pour le Pape, mais  elles y étaient opposées. De plus, comme nous devions dire l’ancienne Messe, j’ai contacté un ami allemand afin qu’il sauve et nous envoie le plus possible de Missale Romanum, en effet, c’était après le Concile et tout le monde s’en débarrassait. Il m’en a envoyé plus de 400 exemplaires, comprenant bien sûr la prière pour le Pape. J’ai également réussi à en faire imprimer de nouveaux exemplaires ici, et j’ai distribué tout cela partout en Chine. Puis, le nom du Pape a pu de nouveau être prononcé pendant la Messe.

 

A.C. - Malgré la résistance que vous opposez au gouvernement, vous êtes officiellement un « Évêque Patriotique ». Comment avez-vous utilisée votre position dans le but d’obtenir plus de libertés de la part de l’Association Catholique Patriotique pour l’Église dans votre diocèse ?

 

Mgr. J. - Je ne suis pas un « Évêque Patriotique », je suis un Évêque Catholique. De fait, dans l’annuaire du diocèse, il n’est pas une seule fois fait mention de l’Association Patriotique. Lorsqu’elle vida temporairement ses locaux dans la cathédrale et le palais épiscopal, j’ai très rapidement affecté ces espaces à d’autres usages, de façon à ce qu’elle ne puisse pas s’y réinstaller. Par conséquent, il n’y a plus d’Association Catholique Patriotique à Shanghai.

 

A.C. - Vous semblez être partisan de la dissolution de l’Église clandestine dans l’Église approuvée par le gouvernement. De fait, certains analystes, dont moi-même, ont suggérés que les lignes de fractures entre les Églises officielle et souterraine se réduiraient, de sorte à ce qu’elles soient moins différenciables…

 

Mgr. J. - Non, il n’est pas vrai que les fractures entre nous et ceux qui se cachent disparaissent. En fait, c’est de pire en pire, les divisions ne cessent de grandir. Très peu de gens comprennent que l’Église officielle souffre bien plus car nous sommes complètement nus devant la surveillance constante du gouvernement. Laissez-moi vous résumer la situation. Certaines personnes pensent que les communautés souterraines sont la véritable Église Catholique en Chine, et qu’elles sont les seules à être vraiment loyales au Pape. Ils disent aussi qu’elles sont plus obéissantes à Rome que les communautés approuvées par l’État. Cela est très largement faux, car à l’heure où je vous parle le gouvernement sait où je suis ainsi que tout les autres Évêques, et nous vivons sous l’énorme pressions de devoir accepter tout ce que le parti nous demandera. En face, les clandestins sont libres de se déplacer selon leur volonté. Vous savez, selon le droit canon un Prêtre doit rester sous la juridiction de son ordinaire diocésain ; mais le clergé clandestin se déplace partout en Chine avec une grande liberté. Est-ce cela, l’obéissance aux lois de l’Église ? Et quand le Pape a écrit aux chinois, c’est l’Église officielle qui lui a répondu avec respect et obéissance. Les clandestins l’ont au contraire totalement ignoré. Est-ce cela l’obéissance au Pape ? Également, quand le Pape appelle les communautés Catholiques de Chine à surmonter leurs oppositions et être une seule Église, le Cardinal Zen encourage d’Hong-Kong l’Église clandestine à rester inflexible dans son opposition à l’Église officielle. Est-ce cela que le Pape veut ?

 

A.C. - Vous pensez donc que les divisions vont perdurer, au moins jusqu’à la fin de l’époque marquée par le Cardinal Zen et M. Liu Bainan, le président de l’Association Catholique Patriotique ?

 

Mgr. J. - Ces deux hommes sont des obstacles pour l’Église qui est en Chine, et nous ne pourrons jamais avant leur disparition réconcilier les communautés officielle et clandestine. Aussi longtemps que Liu voudra que l’Église de Chine soit entièrement indépendante il y aura des Catholiques clandestins, et aussi longtemps que le Cardinal Zen leur dira de rester séparés il n’y aura pas d’unité.

 

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La Messe dominicale, dont l'assemblée compte de nombreux étrangers, en l'église St Pierre de Shanghai

 

A.C. - Pouvez-vous nous parler de la Révolution Culturelle et des souffrances endurées par vos ouailles ?

 

Mgr. J. - (prenant une expression solennelle) Durant la Révolution Culturelle beaucoup, beaucoup de Saints hommes et femmes souffrirent et furent tués, mais ce sujet doit être laissé à des temps futurs. Il n’est pas prudent aujourd’hui de parler de cela.

 

A.C. - Que voudriez-vous vous-même dire au Pape ?

 

Mgr. J. - Je voudrais lui dire tout d’abord « merci, merci de comprendre les Catholiques de Chine, comme vous l’avez montré dans votre récente lettre ». La lettre du Pape à l’Église en Chine est magnifique. J’aimerais aussi lui dire que nous l’aimons. Nous l’aimons et nous prions pour lui. Nous avons prié pour lui tout particulièrement au cours de ses récentes difficultés, l’Église qui est en Chine est à ses côtés. Elle prie pour lui, et le diocèse de Shanghai prie pour lui. Et j’aimerais enfin lui dire que malgré le peu d’aide que nous avons reçu de Rome, je suis son serviteur. Je suis loyal au Vatican. Je suis heureux que nous ayons ce Pape, car je pense qu’il comprend profondément l’Église en Chine. Il devrait seulement être plus discret lorsqu’il prend conseil de la part de certains Évêques des confins. La situation ici est complexe. »

 

Mgr Jin mit fin à l’entretien sur quelques réflexions à propos de certaines grandes figures de l’histoire des Catholiques de Shanghai, parlant avec affection du Cardinal Gong, héros de l’Église clandestine. Avant d’être prisonniers, ils étaient amis, et furent assis côte à côte lors de leur procès. Enfin, il me fit remarquer à quel point la situation de l’Église s’était améliorée depuis son avènement épiscopal, et combien était grande la nécessité que l’Église clandestine se soumette à l’Église officielle. Cette position est tout à fait contraire à celle du Cardinal Zen, qui a grandi dans le même diocèse, chose qu’il admet volontiers.

 

La complexité de la personnalité de Mgr. Jin doit être mise en perspective avec la dureté de sa vie et de son contexte. Tout n’a pas été  facile pour lui, comme pour tous ceux qui se sont trouvés persécutés après 1949. Grâce aux efforts de leur Évêque, les Catholiques du diocèse de Shanghai sont une communauté active jouissant d’un séminaire plein et d’un grand nombre d’églises restaurées et dynamiques. Bien que certains disent que tout ceci fut accompli par des compromis, d’autre louent son esprit combatif.

 

Laissons le mot de la fin à l’Évêque de Shanghai : « Je suis né sous le règne de Benoît XV, et je vais probablement mourir sous celui de Benoît XVI. J’aurais vécu entre deux bons Papes, et j’espère avoir été un bon Évêque ».

 

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La nef et le choeur restaurés du sanctuaire marial de Sheshan

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 22:41

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Par Anthony E. Clark, Ph.D.

 

NDLR : Le Dr. Anthony Clark, Professeur assistant d’histoire de l’Asie à l’Université Whitworth de Spokane (État de Washington, USA) est allé en Chine faire des recherches cet été. Cet article a été écrit le 8 Juillet 2010.

 

En traversant les provinces les plus pauvres de la Chine, on voit le plus souvent des camions-benne remplis de charbon, des carrioles à mulet débordant de légumes fraîchement récoltés, des paysans accroupis fumant de longues pipes, et des masures délabrées sur les bords de la route. Apparait parfois un pavillon ou un temple, mais la plupart ont été détruits durant la Révolution Culturelle de 1966-76.

Les églises Catholiques ont surtout souffert durant deux périodes, la rébellion des Boxers de 1898-1900 et la Révolution Culturelle. Les Boxers anti-étrangers, appelées « poings de l’harmonie vertueuse » ont ravagées les provinces de Chine du Nord en attaquant les Chrétiens et détruisant les églises, et quand les Gardes Rouges ont été missionnés pour détruire les « quatre vieilleries » (vieilles idées, vieilles coutumes, vieilles habitudes et vieille culture), ils s’attaquèrent non seulement à tout ce qui semblait traditionnel, mais aussi à tout ce qui était étranger ou  portait une signification spirituelle. Étant à la fois anciens, traditionnels, étrangers et la marque d’une religion, les églises Catholiques, les orphelinats, les séminaires et les hôpitaux ont connus une importante vague de destructions sous l’ère maoïste.

Malgré ces évènements, la Chrétienté chinoise a grandi à vitesse météoritique dans les dernières décennies, passant d’environ 4 millions de fidèles en 1949 à 50 millions aujourd’hui. Le gouvernement actuel, en comparaison avec l’intolérance précédente, se montre relativement ouvert face à cette croissance, bien que la situation demeure instable, et que les derniers évènements suggèrent un accroissement du contrôle des autorités sur les activités de l’Église Catholique. Des caméras de surveillances ont été installées à l’entrée des églises, et la position du Bureau des Affaires Religieuses envers les « interférences » romaines dans les affaires de l’Église qui est en Chine s’est raidie. L’autorité pontificale, l’avortement, et le choix des Évêques continuent à être des sujets sensibles, bien que le niveau d’intensité de ces conflits diffère selon les provinces.

Une des success-story les plus étonnantes du Catholicisme en Chine est le village de Liou Hé Koun, situé à une heure de route de la capitale déshéritée du Shanxi, Taiyuan, centre de ce qui est le diocèse le plus Catholique de Chine. Liou Hé Koun est difficile à trouver sans aide, il vaut donc mieux être accompagné d’un Prêtre local. Sur la route, l’un des plus grands secrets du Shanxi se révèle : village après village, église après église, de hautes flèches s’élèvent au dessus de chaque hameau, comme dans le Sud de la France.

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Statues de Saints à l'entrée du village de Liou Hé Koun

 

En arrivant à Liou Hé Koun par une route étroite, on est accueilli par trois grandes statues à l’entrée du village : St Pierre tenant ses clefs est encadré par Sts Simon et Paul. Une demi-heure avant la Messe, les hauts parleurs du village, autrefois zélés diffuseurs de la pensée de Mao et des slogans du parti, diffusent la récitation du chapelet. En cheminant à travers la bourgade, l’église, un large édifice comportant un dôme s’impose aux regards, et une fois arrivés sur son parvis, le visiteur est accueilli par un curieux mélange d’architecture néo-gothique, de palmiers jaunes en plastique, et de bannières colorées claquant au vent. Le Shanxi a ses goûts, bien particuliers, par exemple, chaque église comporte deux grandes pendules comtoises (personnes ne pu m’instruire de l’origine de cette curieuse coutume) et des rangées de drapeaux colorés sur son parvis.

Liou Hé Koun est le plus grand village Catholique de Chine. Assister à l’une des Messes du Dimanche, attirant chacune près de 3 000 fidèles, est stupéfiant. Avant la Messe des Prêtres et des fidèles s’agenouillent et chantent le chapelet sur une psalmodie locale (celle-là même qui est diffusée par les haut-parleurs du village). Dans ce qui n’est qu’un minuscule village selon les critères chinois (autour de 7 000 habitants) 90% de la population est Catholique. L’une des raisons de ce fort attachement à la Foi, d’après les villageois, est les épreuves qui leurs furent imposés durant les deux terribles périodes de persécutions anticatholiques.

Il circule de nombreux récits populaires sur la manière dont le village de Liou Hé Koun a survécu à la révolte des Boxers. L’Abbé Zhang Junhai, le curé de la paroisse m’en a raconté une : A l’Été 1900, alors que les Boxers étaient à l’approche de la bourgade, la Vierge Marie est apparue au dessus du clocher de l’église, en robe blanche, les mains étendue devant Elle. Une armée d’Anges L’entourait, et Elle indiquait la direction d’où les Boxers provenaient. Suite à cela, les hommes du village purent se préparer à contrer l’attaque. Les villageois attribuent aussi à la sainte garde de la Vierge le fait que les canons des Boxers explosèrent en faisant feu. Aujourd’hui, la dévotion à Marie imprègne toute la communauté : toutes les familles possèdent une image de Son Cœur Immaculé devant laquelle elles disent le chapelet chaque soir.

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L'église de Liou Hé Koun pendant la Révolution Culturelle

 

Bientôt sept décennies après la révolte des Boxers, la Révolution culturelle vint troubler la paisible vie quotidienne de Liou Hé Koun. L’église paroissiale fut vidée de ses bancs, l’Autel laissé nu, et les murs et piliers couverts de slogans révolutionnaires. Comme dans toute la Chine à cette époque, l’église de Liou Hé Koun fut fermée et les fidèles durent se joindre à la démence radicale des Gardes Rouges ou bien souffrir terriblement pour leur Foi. Quelques villageois érigèrent une tente afin d’y dire la Messe sur un Autel de fortune. Un nonagénaire nous raconta sans faux semblants l’arrestation et les violences faites à son oncle franciscain sous Mao. Le Prêtre fut battu plusieurs fois, ce qui consistait en arrachage des cheveux, coups et blessures diverses, et une stricte isolation. Après pareils traitements, ce Prêtre mourut d’une blessure à la tête. Ces récits de miracles, et le sacrifice de Martyrs comme ce franciscain qui mourut en 1969 ont conforté et confortent encore toute la population à garder précieusement sa Foi.

Pour l’Abbé Zhang, les combats d’aujourd’hui sont différents, il ne s’agit plus tant de résister à la persécution qu’au matérialisme qui envahit peu à peu la Chine. Lorsque les enfants et les jeunes restent au village, ils se rendent au catéchisme, et à la plupart des cérémonies religieuses et évènements paroissiaux. Comme le village est quasiment entièrement Catholique et pratiquant, la communauté est relativement peu affectée par le consumérisme et le sécularisme chinois actuels. Mais comme il y a moins de 3% de Chrétiens en Chine, ceux qui s’en vont chercher du travail ou étudier ailleurs manquent de soutien spirituel. Si les villageois peuvent s’appuyer les uns sur les autres, comme par exemple lorsqu’ils s’entraident afin de payer les amendes nécessaires pour avoir plusieurs enfants, il est bien plus difficile de résister aux pressions des politiques officielles hors de la communauté. Liou Hé Koun est en effet le plus grand village Catholique de Chine principalement parce que ses familles ont élaboré de multiples stratégies leur permettant d’avoir beaucoup d’enfants, qui sont ensuite élevés dans des familles très pratiquantes. En allant à la Messe dans l’immense église, on ne peut qu’être étonné à la vue de ces familles nombreuses, un fait exceptionnel dans la Chine de l’enfant unique.

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La façade de l'église de Liou Hé Koun

 

Il y a deux siècles, Liou Hé Koun n’était rien d’autre qu’un hameau perdu au milieu des champs. Aujourd’hui, c’est un succès de l’Église Catholique dans un pays où les persécutions furent lourdes et subsistent toujours. Lorsqu’on le questionne sur les sentiments des villageois pour le Pape, L’Abbé Zhang insiste sur sa loyauté au Saint-Père et sa volonté de suivre ses enseignements. J’ai en effet remarqué, bien en évidence sur le mur du bureau de la paroisse, une bénédiction pontificale, alors que le curé me répondait : « Nous sommes une paroisse très traditionnelle, pas comme dans certains pays ». Malgré ses diverses irrégularités dans ses relations avec Rome, l’Église qui est en Chine possède une identité Catholique et un attachement au Pape bien plus forts que dans bien des pays.

Liou Hé Koun est un endroit extraordinaire, et relativement libre de toute interférence gouvernementale, sans doute à cause de son éloignement des grandes villes, et de son appartenance à une province arriérée. Le village est en effet extrêmement pauvre, et les mirages du confort matériel chassent de plus en plus d’habitants chaque année. Bien qu’une partie de ceux qui s’en vont cesse de pratiquer, Liou Hé Koun est l’une des principales sources de vocation de toute la Chine. Il semble que dans chaque diocèse ou presque il y ait un jeune Prêtre qui en soit originaire, et c’est un fait que la plupart des Catholiques de Chine ont entendu parler de cet endroit.

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La nef de l'église (plus de 3 000 places)

 

La Foi de ce petit village Catholique est passionnée, et même le nom de la bourgade est une allusion au rôle de Dieu dans l’existence humaine. Les chinois croient en l’harmonie entre les « 5 directions », (« Wuhe »), Nord, Sud, Est, Ouest et Milieu. En se convertissant, le village adopta le nom de « Liou Hé Koun », « village des 6 directions », car il ne

peut pas y avoir d’harmonie sans Dieu, la « 6e direction ».

Lorsque nous quittâmes Liou Hé Koun après avoir assisté à une Messe célébrée comme à St Pierre de Rome, des centaines de villageois, à commencer par l’Abbé Zhang, son vicaire, et le bedeau s’alignèrent sur les marches de l’église pour nous regarder partir. Des centaines d’enfants se trouvaient là, riant et jouant ensemble joyeusement. Je me demandais combien d’entre seraient un jour amenés à servir l’Église comme Prêtre ou religieuse, et aussi combien de chinois de bases avaient entendu parler de ce village merveilleux, totalement inattendu au beau milieu de la province aride du Shanxi.

En regardant derrière moi s’éloigner l’énorme église néo-gothique entourée de toute sortes de chinoiseries, j’ai pensé à l’universalité de l’Église Catholique. Aucun occidental ne reconnaitrait la mélodie des prières et des cantiques, ou la langue, ou la manière dont les gens socialisent. Mais n’importe quel Chrétiens admirerait  la Foi profonde des humbles Catholiques de Liou Hé Koun, qui non seulement ont résistés à deux vagues de persécutions, mais s’en sont nourris comme une terre asséchée d’eau.

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Villageois priant le chapelet

 

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 23:42

Nous commençons aujourd'hui une suite d'articles rédigés par le Dr. Anthony Clark, Professeur assistant d’histoire de l’Asie à l’Université Whitworth de Spokane (État de Washington, USA) qui est allé en Chine faire des recherches cet été sur l'Église chinoise. En visitant les communautés Chrétiennes de Chine, et en rencontrant des personnages aussi importants que le Cardinal Zen, Mgr Jin l’Évêque de Shanghai, ainsi que ceux qui constituent la base de l’Église qui en en Chine, les Prêtres et les fidèles de base, il nous livre un témoignage de première main sur une situation trop mal connue en Occident. Fides et Ratio est heureux de présenter ces articles inédits en français au public francophone.

 

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2 Églises en Chine, ou une seule ?

Entretien avec l’Abbé Daniel Cerezo, des Missionnaires Comboniens du Sacré-Cœur (2006).

 

Ce fut par une après-midi chaude et humide d’été que je me rendis à travers les rues de Taipeh à une petite chapelle administrée par un ordre peu connu. C’est le chapelain, l’Abbé italien Paolo Consoni qui me fit rencontrer l’Abbé Daniel Cerezo, un espagnol, dans sa cellule. Les 4 Prêtres vivant ici ont été affectés à cette chapelle  du quartier de Jen Aï plusieurs années auparavant par l’Archevêque de Taipeh, et sont des Missionnaires Comboniens du Sacré-Cœur, ordre fondé par St. Daniel Comboni, qui évangélisa en Afrique. L’Asie est un tout autre monde,  mais les héritiers de St. Daniel font désormais partie des rares ordres évangélisant la Chine continentale.

 

L’Abbé Cerezo a de nombreuses relations : il travaille avec et connait de nombreux Évêques, Prêtres et fidèles dans les deux communautés chinoises, officielle et clandestine ; il connaît donc bien la situation qui existe en Chine. Il aime particulièrement faire connaître la dévotion des chinois au Sacré-Cœur, à Notre Dame et à St. Joseph.

 

Anthony Clark : « - Est-il correct d’évoquer deux Églises en Chine, une souterraine, et une autre encadrée par l’État, souvent dénommée « Église officielle » ?

 

- Abbé Daniel Cerezo : - Non, cette distinction est inappropriée. Malgré leurs différences, elles sont toutes deux les parties d’une seule Église chinoise persécutée. Il vaut mieux plutôt les désigner comme des « communautés », une légale aux yeux de l’État, et une qui ne l’est pas. Tout cela semble simple, mais est en réalité beaucoup plus complexe que cela en a  l’air.

En 1949, toute la Chine tomba sous le contrôle des communistes. Entre 1949 et 1977 (fin de la Révolution Culturelle), l’Église eut à souffrir en Chine la pire des persécutions. Dispensaires, écoles, hôpitaux, et orphelinats furent confisqués par l’État, et beaucoup de cathédrales furent entresolées. Dans le but de séparer les Catholiques du Pape, le gouvernement créa l’Église Patriotique en 1957. Depuis lors, tous les canaux d’informations, y compris les chinois, ont parlé de « deux Églises en Chine », l’Église souterraine, ou clandestine, et l’Association Catholique Patriotique Chinoise, ou Église officielle. L’Église officielle est sous la domination du Bureau pour les Affaires Religieuses et est ostensiblement indépendante de toute influence extérieure. La situation se complexifia encore lorsque le Pape Pie XII excommunia tout Évêque s’enregistrant auprès de l’État. La plupart d’entre eux, subséquemment, devinrent « souterrains » de par leur choix de conserver une loyauté explicite à Rome et au Saint-Père. Cependant dans les dernières années, les lignes de fracture entre les deux communautés sont devenues de plus en plus poreuses. De fait, ni Jean-Paul II ni Benoît XVI n’ont jamais évoqués deux Églises en Chine, mais au contraire se sont adressés à l’Église chinoise au singulier.

Il faut donc faire référence à la situation en Chine comme « une Église divisée comprenant deux communautés qui présentent toujours des différences ». Les relations entre elles sont difficiles dans certaines provinces comme le Hebei, le Fujian, le Zhejiang, le Heilongjiang et le Jiangxi. Dans ces régions, les Catholiques « clandestins » se considèrent, et cela est compréhensible, méritoires de refuser toute affiliation à l’État communiste. Mais en Chine, le gouvernement et le parti sont en train de se distinguer de plus en plus, et il faut savoir qu’aucun Évêque, pas même dans la communauté officielle, n’est membre du parti communiste, car aucun croyant ne peut l’être. Mais il en existe malheureusement qui se sont compromis avec le gouvernement. De toute façon, les Évêques et les Prêtres de la nouvelle génération dans les deux communautés sont de moins en moins intéressés par la politique, et bien plus par la transmission de la Foi et l’Évangélisation. Dans de nombreux cas, des Prêtres et des Évêques des deux communautés vivent dans le même bâtiment.

La réaction du gouvernement à l’existence d’églises non-officielles est variable. Dans certaines régions, si une église illégale s’implante, les pouvoirs publics locaux détruisent immédiatement le bâtiment et dispersent la communauté. Cependant, dans d’autres, il existe d’importantes églises non-enregistrées que les édiles provinciaux choisissent d’ignorer et de laisser exister en tant que paroisses sans intervenir. Bien qu’on puisse raisonnablement être optimiste au vu de l’apaisement des tensions entre les communautés, l’Église rencontre encore de nombreuses difficultés. L’Église qui est en Chine demeure persécutée par le gouvernement. Être Catholique en Chine, c’est accepter la persécution ; on peut dire que tous les Catholiques de Chine sont des martyrs à un certain degré. Dans les cas extrêmes, l’emprisonnement pour activités religieuse existe toujours. Malgré le fait que le gouvernement s’ouvre lentement à plus de tolérance, une loyauté ouverte au Pape reste inacceptable car vue comme une menace dirigée contre l’hégémonie politique de la Chine.

 

A.C. - : Comment les Catholiques chinois parviennent-ils à rester fidèles aux enseignements de l’Église en matière morale dans un pays où il est illégal d’avoir plus d’un enfant, et où cette loi est appliquée pointilleusement ?

 

D.C. - : Refuser le contrôle des naissances est en Chine un délit susceptible de répression, et tomber enceinte après avoir déjà eu un enfant peut entrainer diverses sanctions comme se faire couper l’électricité, perdre son travail, être arrêté, ou forcée d’avorter. Enfreindre la loi de l’enfant unique signifie de mettre en danger, soi-même et sa famille. C’est un des aspects les plus douloureux de la vie des Catholiques chinois, de quelque communauté qu’ils soient.

Cependant, dans certaines régions, les pouvoirs locaux autorisent les Catholiques à avoir plusieurs enfants. Il existe des villages entièrement Catholiques où toute la vie des habitants est centrée sur la Foi, et dans ces endroits existent des familles de parfois jusqu’à six enfants que les pouvoirs publics choisissent d’ignorer. Ces situations sont rares, mais elles existent. Dans un cadre urbain, au contraire, le gouvernement ne tolère pas d’activité religieuse en contradiction avec sa politique, et les croyants des villes ne peuvent tout simplement pas suivre l’enseignement moral de l’Église sous peine de sanctions.

Mais il est tout à fait faux que les fidèles fréquentant des églises officielles ignorent ou refusent le magistère moral. Leurs Prêtres dans leurs homélies dansent sur une corde raide, afin de propager la doctrine de l’Église en matière morale sans contredire ouvertement l’État.

Ce qui est préoccupant aujourd’hui, c’est que ceux qui quittent leur petit village Catholique pour se rendre en ville sont incités à rejoindre le parti, à se trouver un métier lucratif, et un ou une fiancé(e). Il est compliqué pour ces croyants de continuer à pratiquer une religion qui entre en conflit et crée des tensions avec les attentes sociales de leurs compatriotes. De plus, quitter la routine confortable d’un petit village Catholique pour la frénésie matérialiste de la Chine urbaine est une épreuve qui peut déboucher sur la perte de la Foi. Lorsque j’étais à Pékin, j’interrogeais souvent les gens sur ce en quoi ils croyaient, et la réponse la plus courante étais : « Wo xin wo, wo xin qian », c'est-à-dire « je crois en moi, je crois en l’argent ». Pourtant, même dans ces villes consuméristes comme Pékin et Shanghai, de pieux fidèles remplissent complètement les églises et les cathédrales tous les Dimanches.

Les Catholiques chinois mènent une vie remplie de dévotions populaires. Les principales sont celles au Sacré-Cœur de Jésus, à Notre-Dame et à St. Joseph. Cela fait partie de leur identité ; de plus, la plupart d’entre eux prie le chapelet tous les jours. Alors qu’en Occidents les fidèles sont nombreux à ne plus croire en la Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie, cela est inimaginable ici. L’adoration du St. Sacrement est particulièrement importante en Chine.

Cela est dû à ce que, au début des missions en Asie la méthode d’évangélisation constituait en une catéchèse similaire à celle des pays occidentaux, c'est-à-dire un sermon sur la Trinité. Mais cette approche abstraite ne fonctionnait pas particulièrement bien. Les Missionnaires Comboniens  ont eux commencé par les Évangiles, en se concentrant sur la personne de Jésus et Ses paraboles. Par exemple, il est arrivé une fois qu’une dame pleure en écoutant l’Évangile, et lorsqu’on lui demanda pourquoi elle pleurait,  elle répondit qu’elle n’avait jamais vu ou entendu parler d’une telle charité et d’une telle compassion. C’est ce genre de méthodes catéchétiques qui ont répandu la Bonne Nouvelle de Jésus à de nouveaux croyants en Chine.

 

A.C. - : Où se trouve la tête de l’Église chinoise ?

 

D.C - : Tout d’abord il faut insister sur ce que l’Église chinoise est de moins en moins divisée, et que l’utilisation de thermes impliquant la division comme « souterrain » et « officiel » n’améliore pas la situation en suggérant des prises de positions des Chrétiens étrangers. Les deux communautés prient pour le Pape et sont chères à son cœur.

Cela ne veut pourtant pas dire qu’il n’y a pas de conflit entre l’Association Catholique Patriotique et Rome, au contraire, les tensions sont souvent sérieuses. Cependant la majorité des Évêques chinois sont maintenant reconnus explicitement ou parfois implicitement par le Vatican. Cela n’était pas le cas il y a moins d’une décennie. La reconnaissance par le Vatican d’Évêques officiels n’est pas une trahison des Évêques clandestins qui ont souffert et souffrent encore de terrible persécutions. En effet, les deux communautés cherchent à vivre en le Seigneur dans un cadre difficile, et toutes deux cherchent (avec cependant quelques rares exceptions dans l’Église officielle) à avoir des liens explicites avec Siège de St. Pierre.

La mission de l’Église en Chine, au-delà des divisions est de faire connaître Jésus, d’aimer les pauvres et de porter Son message dans un pays qui a désespérément besoin de l’Évangile. Il est temps de cesser de parler de deux Églises en Chine et re reconnaître qu’il n’y a qu’une Église souffrante, aimant le Seigneur et  apportant Son amour dans une nation rongé par la poursuite du succès matériel.
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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 23:44

Dans mon précédent article sur la perte de dignité et de transcendance de la liturgie à partir du Concile de Vatican II, je donnais comme exemple des dangereuses déviances ayant précédé et préparé ce déclin de la liturgie la communion debout et en file à St Séverin dans les années 50. J’aurais pu, si j’en avais eu connaissance, pu mettre cette vidéo d’une Messe télévisée célébrée par Mgr Émilien Frenette, Évêque de St-Jérôme (Québec, Canada), le 25 septembre 1960.

Tout d’abord, l’abominable position de face est déjà apparue et en train de se répandre. En France, ainsi, Mgr. Harscouët, Évêque de Chartres, avait obtenu la permission de célébrer ainsi en sa cathédrale dès 1948. La disposition et la décoration du chœur ensuite, avec ce béton gris nu, l' absence de tout élément décoratif, et ce gros globe terrestre entouré de trajectoires de satellites témoigne de la perte du sens du beau dans la célébration de la Messe ; cette recherche du beau qui ne devrait jamais faire défaut dans la célébration du Sacrifice de Celui pour Qui rien n’est suffisamment beau.

Enfin, la participation des fidèles qui, notamment, répondent en lieu et place des clercs aux prières au bas de l’Autel. Je suis plus mitigé sur ce point : si c’est une infraction aux rubriques et à la tradition de la Messe de Saint Pie V, elle est ancienne, Pie XI par exemple célébra une Messe dialoguée avec les Scouts de France en 1925 à Rome, et peut-être souhaitable : si la Messe de Paul VI manque de sacralité, la pratique de celle de Saint Pie V ne favorise pas l’attention de l’assemblée pour une Messe chuchotée à laquelle elle ne peut s’associer que par la vue et le cœur. De plus, la promulgation à l’issue du Concile de Trente de cette Messe et de ses normes de célébration a marqué un grand pas dans l’augmentation de la participation active de l’assemblée à la Messe (notamment par la destruction des jubés etc.). N’est-ce pas alors un développement organique légitime et souhaitable de la Messe Tridentine que cette participation par la réponse aux prières au bas de l’Autel, le chant du Pater noster avec le Prêtre… ?

 

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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 18:47

 

Les trois ans du Motu Proprio Summorum Pontificum.

 

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Voilà trois ans, le 7 Juillet 2007 exactement, le Saint-Père Benoît XVI, entendant la prière du petit et remuant troupeau des Catholiques attachés à la liturgie Tridentine, promulguait le Motu Proprio Summorum Pontificum. Ce Motu Proprio a été reçu avec gratitude et joie dans une partie de l’Église, et avec des grincements de dents dans une autre. Maintenant que ses effets ce sont déclarés, que sa pratique s’est stabilisée, et que chacun a pris position pour ou contre son application, nous pouvons nous risquer à analyser ce document et ses conséquences. Je ne prétends bien évidemment pas savoir ce que pense le Pape en édictant un tel document, ni en faire une exégèse approfondie, car il s’agit d’une œuvre d’une grande intelligence, pensée sur un terme extrêmement long, et sans nul doute inspirée par l’Esprit-Saint. On peut cependant dès aujourd’hui distinguer trois buts majeurs, et subséquemment trois types de conséquences majeures, dans ce Motu Proprio :

 

I) Une œuvre d’unité Catholique

II) Une place assurée pour la Messe Tridentine

III) Un point de départ pour la restauration liturgique

 

I) Une œuvre d’unité Catholique

 

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Notre Pape Benoît est très préoccupé d’unité. Cela se voit dans les nombreux gestes qu’il fait envers les communautés séparées, et les documents qu’il fait publier, comme ce fameux texte sur la primauté pontificale dans l’Église indivise, ou bien la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus.

Summorum Pontificum procède évidemment de la même veine. On se souvient que Le Cardinal Ratzinger avait pris part aux tentatives de réconciliation avec la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, suppliant Mgr. Lefebvre de ne pas sacrer les quatre Abbés Tissier de Malleray, de Galaretta, Williamson et Fellay sans mandat pontifical. La rupture avait été pour lui, en tant que cardinal, puis Pape une blessure personnelle. Pour tenter de réparer ce qu’il considérait également être une blessure pour l’Église, il participa à la mise en place de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre.

Venons-en au texte proprement dit du Motu Proprio :

Dans son article 1 il est écrit : « Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la « lex orandi » de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même « lex orandi » de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la « lex orandi » de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain ».

Ici, le Pape réduit à néant un certain raisonnement consistant à opposer les deux formes de la Messe pour en déduire que seule l’ancienne est Catholique. Ce raisonnement, celui des sédévacantistes et des traditionnalistes les plus durs, ne tient plus dès lors que Rome a posé comme principe intangible l’égalité des deux rits aux regards de la lex orandi de l’Église. Mais cette égalité des deux rits pose aussi la dignité immense de la Messe de Saint Pie V, souvent marginalisée, considérée comme « pas à la page », poussiéreuse… Le pape ici conduit chaque faction de l’Église, des traditionnalistes aux modernistes, à accepter la forme de Messe soutenue par l’autre.

Un autre point important est abordé dans le deuxième paragraphe de cet article 1 : « Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la Messe suivant l’édition type du Missel romain promulgué par le bienheureux Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé, en tant que forme extraordinaire de la Liturgie de l’Église ». C’est ici l’argumentaire traditionnaliste de l’impossibilité de l’abrogation de la Messe tridentine que se trouve confirmée par le Saint-Père, une argumentaire qui de toute façon était difficilement contestable, au vu du droit canon, et des précédents, comme les diverses interdiction de célébration de certains rites orientaux, toujours levées au cours des siècles.

Un nouveau terme pour désigner la Messe de Saint Pie V a été introduite par Summorum Pontificum et rapidement plébiscitée partout dans le monde : celui de forme extraordinaire du rit romain. En plus de souligner tout ce qui est développé plus haut, cela qualifie d’une merveilleuse façon l’ancien rit, réellement extraordinaire par sa sacralité, alors que la nouvelle Messe a cela d’ordinaire qu’elle banalise assez gravement le Saint-Sacrifice. Il se peut malheureusement que certains épiscopes et antistites, voyant midi à leur porte, aient interprété ce terme comme « extraordinaire en occurrence »…

Le Motu Proprio Summorum Pontificum est aussi un instrument d’unité en ce qu’il a préparé la voie et les mentalités au Motu Proprio Ecclesiae Unitatem, concernant le dialogue avec la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X.

Au niveau des résultats, sur une période aussi courte, peut-on juger d’effets positifs en termes d’unité des Catholiques ? Mille fois oui ! Nous avons vu, suite à la promulgation de Summorum Pontificum, des diocèses, des paroisses, des communautés s’ouvrir largement à la forme extraordinaire du rit romain. Sans nier les nombreux blocages et difficultés qui subsistent, il faut ouvrir les yeux sur les progrès que nous avons faits sur cette période. Nous avons vu des célébrations pontificales de la Messe de Saint Pie V toujours plus nombreuses, d’autres en paroisses, des érections de paroisses personnelles, des gestes ponctuels comme les ordinations de l’année dernière du diocèse de Toulon en rit tridentin, la présence de Mgr. de Paris au pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté… N’oublions pas que notre Pape pense les choses sur le long terme, et que les effets positifs du Motu Proprio vont continuer à se révéler et se développer.

Nous arrivons tout naturellement à la seconde partie de cet exposé :

 

II) Une place assurée pour la Messe Tridentine

 

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Il faut aborder ici la nature du document pontifical. Ce n’est pas une tolérance, pas un indult, c’est un Motu Proprio, une décision souveraine prise de son propre chef par le Pape, signée par lui uniquement, un acte de souveraineté sur l’Église. C’est donc un document très fort, et qui devrait (normalement) ne susciter autre réaction qu’une obéissance fidèle empressée. Cette lettre pontificale remplace les documents Quattuor Abhinc Annos, qui est un indult émis par Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, et Ecclesia Dei adflicta, un Motu Proprio du Pape Jean-Paul II. Ces précédents document diffèrent fondamentalement de Summorum Pontificum en ce qu’ils ne donnaient qu’une place marginale, dépourvue de réelle grande légitimité, à la Messe tridentine, dont la célébration était suspendue à toute une batterie de conditions et d’autorisations de Rome ou de l’ordinaire du lieu.

Le texte du Motu Proprio dispose notamment dans son article 2 : « Aux Messes célébrées sans peuple, tout prêtre catholique de rite latin, qu’il soit séculier ou religieux, peut utiliser le Missel romain publié en 1962 par le bienheureux Pape Jean XXIII ou le Missel romain promulgué en 1970 par le Souverain Pontife Paul VI, et cela quel que soit le jour, sauf le Triduum sacré. Pour célébrer ainsi selon l’un ou l’autre Missel, le prêtre n’a besoin d’aucune autorisation, ni du Siège apostolique ni de son Ordinaire ». Il faut également mentionner les dispositions de l’article 5, un peu longues pour être citées intégralement, qui sont celles concernant la célébration de la Messe tridentine dans un cadre paroissial, qui doit avoir lieu dès qu’un groupe de fidèles a présenté en pétition en ce sens à son curé. Enfin, l’article 7 prévoit que « Si un groupe de fidèles laïcs dont il est question à l’article 5 § 1 n’obtient pas du curé ce qu’ils lui ont demandé, ils en informeront l’Évêque diocésain. L’Évêque est instamment prié d’exaucer leur désir. S’il ne peut pas pourvoir à cette forme de célébration, il en sera référé à la Commission pontificale Ecclesia Dei ».

La disposition fondamentale est la liberté totale pour un Prêtre de célébrer de façon privée la Messe qu’il souhaite, et son corollaire, la liberté pour un groupe de fidèles d’assister à la Messe en forme extraordinaire. Ici, ce sont des libertés (bien que je n’aime pas du tout ce mot fourre-tout) qui sont affirmées, auxquelles nul Prêtre, Évêque, ne peut s’opposer. Mieux, le Motu Proprio, en termes très directifs, demande aux Prêtre et aux Évêques d’accéder à ces demandes, ce qui est leur devoir. La possibilité pour un ordinaire d’ériger des paroisses personnelles de forme extraordinaire est mentionnée et soulignée article 10.

Le Motu Proprio donne donc à la Messe de toujours une place véritable, qui n’est ni l’effet d’une particulière bonté d’un ordinaire, ni une tolérance envers des gens considérés au mieux comme arriérés.

Au point de vue pratique, il faut reconnaitre que la sacralité et les éminentes qualités intrinsèques de la liturgie ancienne lui ont permis de conquérir rapidement un place importante dans l’Église d’aujourd’hui, en tout cas en Occident,  et qui est appelée à grandir encore en importance. La Messe de Saint Pie V, autrefois proscrites des cathédrales et des paroisses pour être cantonnée dans des chapelles souvent de fortune y est réapparus, de façon conjointe avec la nouvelle forme ce qui permet de les comparer, de faire se connaitre les fidèles des différentes Messes, et de faire « communiquer » (nous reviendrons là-dessus) les deux formes. Un exemple tout simple est la Messe de Saint Pie V célébrée tout les dimanches dans ma paroisse, ou encore le fait que la Messe tridentine des étudiants de Paris ne soit plus célébrée en la chapelle Notre Dame du Lys mais dans la chapelle absidiale de l’église Saint-François-Xavier. Des paroisses personnelles nouvelles apparaissent (comme à Montmorency le mois dernier) et d’autres sont appelées à apparaitre. Le cercle étant vertueux à mon sens (plus la Messe est célébrée, plus de nombreuses personnes la découvrent, l’aiment et demandent des célébrations supplémentaires), le développement de la présence de la Messe tridentine dans l’Église d’aujourd’hui ne peut être qu’exponentiel.

La Messe tridentine ayant recouvré, au moins en théorie (c'est-à-dire dans un monde parfait, sans épiscopes obtus) la place qui lui est due dans l’Église, elle fécondera de son esprit sacré et la pratique privée des fidèles, et la célébration publique de la Foi.

 

III) Un point de départ pour la restauration liturgique

 

http://img218.imageshack.us/img218/6599/frjojofu8.jpg 

En rendant ses lettres de noblesses à la Messe tridentine, le Pape Benoît XVI agit également sur la célébration de la Messe nouvelle, sans que cela soit flagrant. En effet, promouvoir la Messe de Saint Pie V (et c’est clairement ce que le Pape fait), c’est promouvoir une verticalité dans la Messe communautaire, une sacralité, un respect très haut pour l’Eucharistie, et un ars celebrandi extrêmement soigné. En fait, c’est ce qui fait souvent défaut dans la célébration habituelle de la Messe ordinaire en paroisse. La réintroduction de la Messe tridentine, par principe de vase communiquant, va apporter à la Messe ordinaire plus de sacralité, notamment lorsque les mêmes ministres sont appelés à célébrer les deux forme. Il faut rappeler que dans sa lettre aux Évêques accompagnant le Motu Proprio Summorum Pontificum, le Saint-Père cautionne lui-même cette interprétation en s’élevant contre les abus liturgiques : « En de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel ... cette créativité a souvent porté à des déformations de la Liturgie à la limite du supportable. » Il appelle en conséquence à ce que « dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, [soit] manifestée de façon plus forte que cela ne l'a été souvent fait jusqu'à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. ».

Le Motu Proprio est donc bien un élément important, une base forte pour l’herméneutique de continuité, qui manquait jusqu’ici de véritable reconnaissance puisque se basant sur une forme de célébration marginale et marginalisée pour en tirer une façon de célébrer la forme la plus commune.

Nous pouvons, je pense, nous attendre dans les prochaines années à des modifications dans la célébration de la Messe de Paul VI inspirée du Missel de 1962, comme la fin progressive de la communion dans la main, et à plus long terme, la réorientation de la Messe et une certaine réintroduction du latin. Tout au moins si nous avons la grâce de garder longtemps notre Pape et que son successeur soit de sa trempe. Mais ne nous mettons pas trop la rate au court-bouillon, ayons confiance en l’Esprit-Saint pour guider l’Église. Je vais donc finir par cette prière :

V: Oremus pro Pontifice nostro Benedicto.
R: Dominus conservet eum, et vivificet eum, et beatum faciat eum in terra, et non tradat eum in animam inimicorum eius.
V: Fiat manus tua super virum dexterae tuae
R: Et super filium hominis quem confirmasti tibi

Oremus. Deus, ómnium fidélium pastor et rector, fámulum tuum Benedíctum, quem pastórem Ecclésiæ tuæ præésse voluísti, propítius réspice: da ei, quæesumus, verbo et exémplo, quibus præest, profícere: ut ad vitam, una cum grege sibi crédito, pervéniat sempitérnam. Per Christum, Dóminum nostrum. Amen.

 

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 23:54

 

Damian Thompson, un important journaliste et blogueur Catholique a publié ce texte, à propos du troisième anniversaire du Motu Proprio Summorum Pontificum libéralisant la Messe selon le Missel de Saint Pie V dans son édition de 1962 (traduction de Louis-Marie) :

Aujourd’hui est le troisième anniversaire du Motu Proprio Summorum Pontificum par lequel (à la grande consternation des Évêques modernistes du monde entier) le Pape Benoît XVI a supprimé pratiquement toutes les restrictions qui pesaient sur la célébration de la Messe selon le rit Tridentin. A cette occasion, le Catholic Herald a lancé sur son site internet un débat intitulé « Summorum Pontificum est-il un échec ? ».

Ma vision des choses est que, bien que la demande de la forme extraordinaire du rit romain est, et va probablement demeurer limitée, sa réintroduction dans la vie Catholique avance lentement et sûrement, pierre par pierre pourrait-on dire. Il serait intéressant de savoir combien de séminaristes et de Prêtres nouvellement ordonnés planifient de la célébrer. Il semble évident qu’une grande partie d’entre eux souhaiterait savoir célébrer le Missel de 1962 comme celui de 1969. Il existe déjà des cours de liturgie selon l’ancien rit populaires en Angleterre et au Pays de Galles ; il est sûrement temps, comme le Catholic Herald de cette semaine le suggère, que les séminaires anglais enseignent les rubriques de la forme extraordinaire. Les Évêques d’Angleterre et du Pays de Galles vont faire un grand spectacle de leur fidélité au Saint Père lorsqu’il visitera le pays en Septembre. Une telle mesure serait une bonne façon pour eux de la lui démontrer.

L’analyse de Louis-Marie à propos de cet anniversaire est à venir très prochainement.

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 17:50

Vous-vous êtes déja demandé comment vivent les séminaristes traditionnalistes? Voilà une réponse éloquente de M. L'Abbé Troadec, supérieur du séminaire St curé d'Ars de Flavigny-sur-Ozerain.

 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 15:46

 

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La démission pour raison d'âge à 79 ans de S.E. Mgr Janis Pujats, cardinal-Archevêque de Riga et primat de Lettonie a été acceptée par le Pape Benoît XVI le 19 Juin 2010.

Ce grand homme est né à Nautreni, près de Rēzekne. Ses parents étaient des agriculteurs très fervents catholiques, comme la majeure partie de la population de cette région de la Lettonie. Ils eurent quatre filles et quatre fils, dont trois sont devenus prêtres. Sa paroisse natale de Nautreni a donné à l'Église 20 autres prêtres. Une vocation précoce le conduisit à faire ses études au séminaire de Riga à partir de 1948 jusqu’à ce que celui-ci soit fermé par le gouvernement soviétique. Il fut par la suite ordonné en secret par S.E. Mgr Antonijs Springovics en 1951, deux mois après la fermeture du séminaire.

Professeur de liturgie et d’histoire de l’art, c’est lui qui fut chargé de l’implémentation de la réforme liturgique en Lettonie, réforme dont il  a très fortement critiqué les défauts et les abus une fois Évêque. Ce fut donc dans une remarquable herméneutique de continuité avant l’heure  que l’Abbé Pujats la réalisa. Toujours aujourd’hui, la Lettonie ne connait pas la Messe versus populum, et dans les quelques églises qui ont un Autel séparé du mur, la Messe des fidèles est dite ad orientem.

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La Messe en Lettonie
En 1972, Paul VI lui confère le titre de chapelain de Sa Sainteté. Vicaire général de l’Archidiocèse de Riga à partir de 1979, il connait les persécutions physiques et les calomnies orchestrées par le KGB et est poussé à la démission en 1984.

Mgr Pujats est nommé par le Pape Jean-Paul II Archevêque de Riga en 1991 et assume la tâche de faire renaitre l’Église Catholique dans son pays. Il demandera à l’administration romaine de créer des diocèses supplémentaires face au retour d’une très forte pratique religieuse, ce qui fut fait avec l’érection des diocèses de Rēzekne et Jelgava en 1995.

Mgr. Pujats fut créé Cardinal in pectore par le Pape Jean-Paul II en 1998. Son titre fut révélé en 2001.

 http://www.araldicavaticana.com/fmPUJATAS.JPG http://www.vatican.va/news_services/liturgy/2003/img/20031022_n4.jpg

 

Sa grandeur lui vient de la façon exemplaire dont il supporta la persécution de sa personne et de l’Église sous le soviétisme, de la bonne administration de son Église locale, florissante, et aussi de ses prises de positions, défendant remarquablement le magistère de l’Église, ce qui est une rareté chez nos Évêques aujourd’hui. Le cardinal Pujats pourrait indubitablement être qualifié de confesseur de la Foi.

Extraits de son homélie lors de la Fête de l’Assomption de 2005 en la Basilique d’Aglona, également jour de la tenue de la « gay parade » à Riga :
« Les homosexuels vont trop loin en affichant leur sexualité. A l’époque soviétique, nous avons connu l’athéisme qui a réprimé la religion. Désormais nous traversons une époque d’athéisme sexuel. Cette forme d’athéisme est même plus dangereuse et infectante. Les valeurs spirituelles disparaissent dans une marre d’anomalies sexuelles. Imaginez seulement ! L’homosexualité est montrée comme une valeur, alors que c’est l’un des péchés les plus lourds ! Si les gays et lesbiennes allaient à l’église pour se repentir, nous pourrions les accueillir. Mais cette parade avait pour but d’afficher leurs péchés. Pourquoi le font-ils à l’église (L’église anglicane de Riga avait accueilli les homosexuels, ndlr) ? Pour montrer à quel point ils sont ridicules ? »

http://www.katedrale.lv/pics/zinas_latvija/2008/12/kardinals1_300.jpgIl s’est aussi exprimé sur des sujets divers, tels que Harry Potter, le da Vinci code, la crise économique… se montrant un pasteur avisé de son troupeau.

C’est également en 2005 qu’il a délivré une magnifique homélie sur la Confession et la Communion dont voici des extraits :

 « Avant la Communion, il appartient aux prêtres d’inviter les fidèles à la confession individuelle des péchés. Le meilleur endroit pour la confession des fidèles est le confessionnal, placé dans l’église et doté d’une grille fixe entre le confesseur et le pénitent. Dans la mesure du possible, les prêtres doivent créer les conditions pour que les fidèles accèdent au sacrement de Pénitence. En effet, si les hommes vivent et meurent dans le péché, tout autre effort pastoral est vain. Il convient de réserver chaque jour un temps à la confession, selon un horaire préétabli, en particulier avant la Messe. Si nous voulons vraiment renouveler la vie spirituelle du peuple, il ne nous est permis de quitter le confessionnal qu’après que le dernier pénitent a reçu le pardon.

Aux prêtres et aux laïcs qui participent généralement à la Table du Seigneur chaque jour, il faut conseiller la confession individuelle une fois par mois environ. Pour les autres, la confession est nécessaire au moins chaque fois qu’ils accèdent à la Communion.
En général, il faut éliminer l’abus consistant à accéder à la Communion sans le Sacrement de la Pénitence. Par le passé, on avait l’habitude, pendant la Messe, d’aller en procession à la Communion. Mais, progressivement, cette pratique a été justement supprimée pour des raisons pastorales. Comme nous le savons, à l’église, le peuple a un comportement collectif. Tous répondent aux paroles du prêtre, tous, assis, écoutent les lectures de la Sainte Écriture, tous se mettent debout pour l’Évangile, tous s’agenouillent au moment de la Consécration et - ce que nous déplorons ! - tous se lèvent pour participer à la Communion en procession - et parmi eux le pharisien comme le publicain, le pénitent tout comme le non-pénitent. Les fidèles ont peur de rester en dehors de cette procession, car de cette façon ils s’exposent publiquement comme indignes. Telle est la raison pour laquelle cet abus s’est si vite affirmé. Que faire ? Il faut retrouver l’habitude d’accéder individuellement à la Communion, afin de préserver la liberté de conscience. La Messe est une action commune, mais la Communion doit demeurer individuelle.
Dans les églises paroissiales, le lieu particulièrement adapté (in presbyterio) pour le Très Saint Sacrement est le maître-autel qui abrite le tabernacle. Dans ce cas, le maître-autel, avec son retable, est vraiment le trône du Christ-Roi et attire à lui les regards de tous ceux qui sont dans l’église. La présence du Saint Sacrement à l’endroit principal de l’église donne aux fidèles l’occasion d’adorer Dieu même en dehors du sacrifice de la Messe (par exemple dans l’intervalle de temps entre les différents offices divins). Ils viennent en effet à l’église pour prier, et non pas pour bavarder ».

Le successeur de S.E. le cardinal Pujats au siège archiépiscopal métropolitain de Riga est l’Abbé Zbignev Stankevics qui sera sacré le 8 Aout en la cathédrale St. Jacques de Riga. Il est âgé de 55 ans et jusqu’ici directeur spirituel du séminaire de Riga et de l’Institut supérieur de sciences religieuses de la capitale lettone.Il prendra solennellement possession de sa charge le 22 Aout.

Connaissant Mgr. Pujats et son rôle actif dans le choix des Évêques des sièges suffragants de sa province, ce qui s'applique sûrement à son propre successeur, on peut raisonnablement espérer un bon Archevêque conservateur et orthodoxe au siège de Riga.

 

http://lh6.ggpht.com/_YtYKuDvkXWU/S3RSVE3F6VI/AAAAAAAAAk4/f8bIPE1-qhw/s1024/Incense-3.jpg

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 22:41

Le parfait contre-exemple. Et en plus, ils sort tout droit du mensuel de la conférence épiscopale italienne  Vita pastorale.
Cette photo illustre un article de Mgr. Mariano Crociata, secrétaire général de la CEI (pourtant précédemment nommé Évêque de Noto par Benoit XVI lui-même) sur  "La liturgie, chemin de retour vers le Père". Pour les Evêques italiens, le chemin de retour vers le Père est-il le degré zéro de la liturgie?
http://www.traditioninaction.org/RevolutionPhotos/Images%20%28301-400%29/368_Mass_Italy.jpg
Voilà pourquoi la tâche de notre Saint-Père bien aimé de re-former l'ars celebrandi dans le rit romain ne fait que commencer, et pourquoi nous devons prier pour lui et pour que nos Episcopes l'aident au lieu de lui mettre des bâtons dans les roues.
V. Oremus pro Pontifice nostro Benedicto
R. Dominus conservet eum, et vivificet eum, et beatum faciat eum in terra, et non tradat eum in animam inimicorum eius. [Ps 40:3]    
Pater Noster, Ave Maria.
Deus, omnium fidelium pastor et rector, famulum tuum Benedictum, quem pastorem Ecclesiae tuae praeesse voluisti, propitius respice: da ei, quaesumus, verbo et exemplo, quibus praeest, proficere: ut ad vitam, una cum grege sibi credito, perveniat sempiternam. Per Christum, Dominum nostrum. Amen.

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 17:25

La conférence du plus haut intérêt récemment prononcée par S.E. Mgr Aillet, Évêque de Bayonne, La liturgie blessée, pose l’importante question de comment la Messe est-elle célébrée aujourd’hui en France. Dans une perspective historique, on peut dire que la Messe a plus changée au XXe S que dans tous les siècles précédents, où elle s’était formée lentement par accrétion (développement organique) avec de légères réformes pour nous donner le Missel de 1962. La célébration de la Messe dans l’immédiat avant-Concile commence à montrer des signes de décadence de par certains abus liturgiques, notamment dans la distribution de la Sainte Communion, comme ici à St Séverin en 1955.

http://www.ceremoniaire.net/pastorale1950/docs/feltin57.gif

  Ces abus ont été dénoncés et on a tenté de les réparer, par des textes épiscopaux de semonces, comme celui de S.E. Mgr Feltin, Archevêque de Paris, en 1957 : « nous déclarons que certains usages ne remplissent pas les conditions voulues pour être considérés comme des coutumes légitimes ».

Et puis arrive le rite de 1965. Proprement parlant, cette Messe peut se célébrer dans la continuité des siècles précédents, en latin, ad orientem, avec toute la dignité nécessaire. Mais elle peut également être célébrée versus populum, en toute langue… Ce choix que le Prêtre est amené à faire, que les rubriques lui demandent de faire ouvre la porte à tous les abus, car dès lors qu’il est donné à choisir entre plusieurs choses, le célébrant, selon sa formation liturgique, peut panacher, voire même souvent introduire de nouvelles options non prévues par le Missel.

On peut contester ce rit dans sa lettre, dans sa conception, dans le rôle de transition qui lui a été assigné, mais son défaut majeur réside dans ses rubriques vagues, comportant de nombreux ad libitum. A partir de cela, et à cause de l’esprit de bouleversement et de révolution dans l’Église régnant à cette époque, les instructions de célébration rendues nécessaires par ces rubriques vague, de même que les initiatives contestables des célébrants qu’elles rendaient possibles, ont débouchées sur une idéologie de la créativité.

Lorsque le rit de 1969, apparait, en plus de laisser le champ libre à cette idéologie de la créativité, il s’avère très contestable dans sa lettre, insuffisante au vu du nombre d’éléments du rit de l’Église depuis 2000 ans qui n’y ont pas été retenus. Et les abus, les indults illégitimes au regard de la Tradition comme la Communion dans la main, de se multiplier. C’est ainsi que S.E. Le Cardinal Ratzinger a pu dire en 1998 « l'espace libre, que le nouvel Ordo Missæ donne à la créativité, est souvent élargi excessivement ; la différence entre la liturgie selon les livres nouveaux, comme elle est pratiquée en fait, célébrée en des endroits divers, est souvent plus grande que celle entre la liturgie ancienne et la liturgie nouvelle, célébrées toutes les deux selon les livres liturgiques prescrits » ou encore « Un chrétien moyen sans formation liturgique spéciale a du mal à distinguer une messe chantée en latin selon l'ancien Missel d'une messe chantée en latin selon le nouveau Missel ; par contre, la différence entre une messe célébrée fidèlement selon le Missel de Paul VI et les formes et les célébrations concrètes en langue vulgaire avec toutes les libertés et les créativités possibles, - cette différence peut être énorme ! ».

Voilà pourquoi aujourd’hui, avant même de réformer le Missel Romain, réforme nécessaire pour rendre une certaine consistance historique et liturgique à la Messe à laquelle va l’écrasante majorité des Catholiques, il nous faut réapprendre l’ars celebrandi qui convient au Divin Sacrifice.

 

C’est une réforme longue et difficile, car elle ne se fait pas par décret autoritaire, comme le changement de rit imposé dans les larmes de 1969, mais par l’exemple, par l’exhortation, par l’enseignement, par la supplique. Et, en y regardant de plus près, il s’agit de ce que le Saint-Père tente actuellement, avec la grande prudence qui le caractérise. Notre Pape, tout en restant dans les limites rituelles hélas relativement pauvres de la « Messe de Paul VI », lui donne une emphase, une dignité, par des usages directement hérités de la Tradition de l’Église, et de son magistère d’avant Vatican II. Premier Pape depuis bien longtemps à se préoccuper de la question liturgique, Il a cerné l’ampleur du problème dans son instruction « Redemptionis Sacramentum sur certaines choses à observer et à éviter concernant la très sainte Eucharistie ». Par son exemple et sa parole il incite l’Église universelle à donner la dignité qu’elle demande à la Sainte Messe.

L’usage le plus important et vénérable, qu’il est absolument nécessaire de réintroduire largement, est la position de célébration face à l’Est liturgique. En effet, célébrer versus populum est une chose jamais vue avant 1965, qui introduit une dimension de nombrilisme dans une assemblée fermée sur elle-même, et non dans une position priante, tournée vers son Sauveur. Elle apporte une emphase malvenue à la personne du Prêtre, non qu’il ne faille pas qu’il soit reconnaissable, mais il doit, lorsqu’il célèbre la Messe, s’effacer devant Celui au Nom de qui il célèbre, devant le mystère qui s’accomplit par ses mains. Cette position nuit subséquemment à la sacralité de la Messe. Le Pape Benoît XVI, par son exemple, tente de réintroduire la position traditionnelle, notamment en célébrant ainsi en la chapelle Sixtine, et dans sa chapelle privée. 

http://www.lovingit.co.uk/images/2008-01_papal-mass-ad-orientem.jpg 

Cela a eu pour l’instant quelques effets, comme l’instauration d’une telle manière de célébrer à toutes les Messes en la cathédrale de Tulsa, Oklahoma, et en diverses églises du monde.

http://www.dioceseoftulsa.org/img.aspx?image=images/photos/Misa_Ad_Orientam_.jpg&size=243 http://www.salemcatholic.org/wp-content/uploads/2009/08/Bishop-Slattery-celebrating-Mass-ad-orientem-in-Tulsa.gif

Tulsa, Oklahoma

Le deuxième usage capital à réintroduire systématiquement, dont dépend pratiquement le salut des fidèles, puisqu’il touche au Saint-Sacrement, est la réception de la Communion à genoux, dans la bouche. Nous y reviendrons plus largement sur ce blogue, car ce sujet mérite un article.

Notre Saint-Père donne systématiquement la Communion ainsi, et encourage l’Église universelle à faire de même : « Nous, chrétiens, nous nous agenouillons seulement devant le Saint-Sacrement parce que, en lui, nous savons et croyons être en présence de l'unique et vrai Dieu » ; « Je suis convaincu de l'urgence de donner à nouveau l'hostie aux fidèles directement dans la bouche, sans qu'ils la touchent (…) et de revenir à la génuflexion au moment de la communion en signe de respect » (22 Mai 2007).

http://eucharistiemisericor.free.fr/images/171208_communion1.jpg

La Communion dans la bouche a Dieu merci mieux survécu  aux bouleversements issus du Concile que la célébration ad orientem, étant toujours la règle dans la plupart des pays. Néanmoins, l’agenouillement demeure rare, notamment à cause de la disparition des bancs de communion des sanctuaires.

A ce sujet, la récente lettre pastorale du 7 octobre 2009 de S. E. Mgr Malcolm Ranjith, Archevêque de Colombo (Sri Lanka), à tous les fidèles de son diocèse est d’un haut intérêt : Il y écrit notamment « La Très Sainte Eucharistie doit être administrée avec le plus grand soin et le plus grand respect, et ce uniquement par ceux qui sont autorisés à le faire. Tous les ministres, habituels comme extraordinaires, doivent être revêtus des ornements liturgiques corrects. Je recommande à tous les fidèles, y compris aux religieux, de communier avec respect, à genoux et sur la langue. La pratique de l'auto-communion est interdite et je demanderai humblement à tout prêtre qui la permettrait de suspendre immédiatement cette pratique ». Notons que S.E. Mgr Ranjith a été le secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

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Premières Communions dans le diocèse de Minsk, Biélorussie

Le troisième axe de la restauration de l’ars celebrandi est sans conteste l’art sacré, et la manière d’en disposer dans les églises.

En premier lieu, la musique. Il est capital que le chant grégorien, le chant de l’Église, celui qu’Elle a créé, et qui a donné naissance à toute la tradition musicale occidentale, renaisse en paroisses. Ce n’était pas dans les visées de la réforme liturgique de le faire disparaitre, en effet, la Constitution De Sacra Liturgia, promulguée le 4.12.1963, déclare en son Chapitre II Article, 116 : « L'Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c'est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales par ailleurs, doit occuper la première place... ». Il est également dans les vœux du Pape qu’intervienne une restauration grégorienne dans les paroisses, comme en témoigne son exhortation Sacramentum Caritatis du 22 Février 2007 : « De façon plus générale, je demande à tous les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, qu'ils soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu'à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien; aucun effort ne devra être négligé en ce qui concerne les fidèles eux mêmes, pour qu'ils sachent l'ensemble des prières communes en latin et qu'en même temps ils connaissent les parties de la liturgie qui doivent être chantées en chant grégorien. (62) ».

Une telle restauration sera extrêmement difficile, ne nous voilons pas la face, de par la perte de la mémoire du chant grégorien  par les assemblées, et l’attachement des Prêtres et laïcs engagés aux mélodies généralement de peu de valeur qui sont désormais la norme pendant la Messe. Néanmoins, il existe des institutions comme la Schola St Maur, la Schola Ste Cécile… qui promeuvent et pratiquent le chant grégorien dans le cadre paroissial.

La musique polyphonique aussi doit retrouver le chemin de l’église. Malgré ce qu’en disent les actes du Concile Vatican II : « Le trésor de la musique sacrée sera conservé et cultivé avec la plus grande sollicitude. Les Scholae cantorum seront assidûment développés, surtout auprès des églises, cathédrales » (De Sacra Liturgia), la plupart des maitrises cathédrales ont disparues, l’Angleterre et l’Allemagne seules ayant encore des maitrises d’excellent niveau. Quant aux chorales paroissiales, n’en parlons pas. Il faut cependant noter une timide renaissance de la tradition maitrisienne en Europe, notamment grâce à la Fédération Internationale des Pueri Cantores. Par exemple, les Cathédrales de Nancy et du Puy en Velay ont retrouvées leurs maitrises récemment.

En deuxième lieu, l’art sacré mobilier et architectural doit également être restauré, et utilisé à bon escient. Là également le chemin sera long. Une telle restauration passe en effet par la promotion d’un art et d’une architecture sacrés s’enracinant dans la Tradition et non dans les idées du temps. Le sujet de la laideur de la plupart des églises construites récemment en France fera l’objet d’un article à lui seul. Je dirais seulement qu’il est nécessaire que l’art sacré soit figuratif, afin d’édifier les fidèles, et que l’architecture sacrée contemporaine doit se réapproprier les plans cruciforme et basilical, et abandonner les plan carré, illégitime, et circulaire, témoin d’un archéologisme malvenu.

Il faut également savoir utiliser les ressources en art sacré détenu par les paroisses, notamment les candélabres d’Autel, qui devraient être placés selon la disposition bénédictine, c'est-à-dire avec le Crucifix au milieu et 3 candélabres de chaque côté.

http://www.france24.com/fr/files_fr/imagecache/france24_ct_player_thumbnail/files/story/20080913-pape-2.jpg http://img339.imageshack.us/img339/2769/maryland1gr5.jpg

                                                                                                    Dans le Maryland 

Enfin, les formes de piété traditionnelles et parfois millénaires de l’Église doivent être perpétuées, comme les fêtes votives, les processions… La Fête-Dieu, autrefois célébration majeure de l’année liturgique est aujourd’hui oubliée dans la plupart des paroisses. Cette fête, importante car affirmation publique de notre foi en la Présence réelle doit redevenir incontournable. Aujourd’hui, elle n’est plus guère célébrée en France que dans les paroisses traditionalistes ou ayant un curé « conservateur ».

http://z.about.com/d/catholicism/1/0/m/1/-/-/Pope_Benedict_Benediction.jpg  http://www.nouvelliste.ch/multimedia/images/img_traitees/2007/07/fete_dieu217_detail_popup.jpg

                                                            A Savise, Suisse

  Mais l’exemple du Pape ne donnera pas comme par magie l’idée de faire renaître les usages anciens et légitimes à un clergé qui les refuse, par manque d’imagination ou idéologie. C’est donc aux laïcs de s’investir dans les paroisses, de demander à leur curé de donner à la Messe, qui appartient à l’ensemble de l’Église, la dignité qu’un si grand Mystère demande.

 

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