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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 12:39

 


 

 

 

Les Petits Chanteurs de Passy sont heureux de vous offrir ces quelques notes de musique.

Les Petits Chanteurs qui ont fêté leur cinquantenaire en 2007 regroupent environ 30 enfants et jeunes hommes âgés de 8 à 19 ans

L'enseignement musical et vocal donné aux enfants constitue une véritable formation humaine et spirituelle.

Amener chaque enfant à l'excellence, développer son goût musical et son sens des responsabilités, lui donner les moyens d'être un acteur
Chrétien dans le monde de demain sont 3 objectifs pédagogiques particulièrement importants pour la manécanterie.

Les Petits Chanteurs de Passy recrutent en permanence des garçons et des filles à partir de 8 ans et de jeunes hommes. Renseignez vous sur   http://petits-chanteurs-passy.fr ou venez nous voir le vendredi soir à la paroisse Notre-Dame de l'Assomption à Paris 16e.

Fond musical: T.L. Victoria, Domine non sum dignus.

 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 00:50

Sur le Forum Catholique, une discussion de quelques messages a traité des Messes de masse, et de savoir si elles étaient souhaitables ou pas. C’est une question intéressante en ce que ces grandes Messes, suivies par plusieurs milliers ou même parfois millions de personnes, sont une relative nouveauté. Le précédent le plus ancien connu est sans doute la fête de la fédération, où Mgr. Talleyrand, Évêque d’Autun célébra devant une foule de plus de 100 000 personnes. Mais l’on ne vit ce genre d’évènement se répandre qu’à la fin du XIXe siècle, dans le cadre des congrès Eucharistiques, dont le premier de dimension internationale eut lieu en 1881 à Lille.  En 1890 à Anvers, 150 000 personnes suivirent la Messe et la Bénédiction.

Il est possible de trouver dans les archives télévisuelles de petits films en noir et blanc des congrès tenus dans les années 20 à 50, avant la réforme liturgique. Ces images sont d’un haut intérêt en ce qu’elles permettent de comprendre l’organisation de tels évènements à une époque où le respect du Saint-Sacrement était beaucoup plus important qu’aujourd’hui.

 

Chicago 1926 :

 

Carthage 1930:

 

Manille 1930:

 

Dublin 1932:

 

Melbourne 1935:

 

Nancy 1949:

 

 

Maintenant qu’il est établi que de telles Messes de grande ampleur ont eu lieu dès la fin du XIXe S., il faut se demander si de tels évènements sont souhaitables. Comme le disait Nemo, un « liseur » du Forum Catholique,  « La Messe n'a jamais été conçue comme un show mais comme, entre autres, le rassemblement d'une communauté autour de son pasteur ». Certes, et bien sûr il ne faut pas que tous les dimanches de telles Messes de milliers de personnes aient lieu, nous ne sommes pas des télévangélistes protestants. Mais, dans des circonstances exceptionnelles comme les voyages pontificaux ou les congrès de diverses natures, je pense qu’il faut que des Messes de masse se tiennent. En effet, ces Messes permettent de ressentir physiquement la nature universelle de l’Église, et la Communion que tous les hommes de toutes les races trouvent en elle. Elles permettent également de rappeler, dans le cadre des congrès Eucharistiques, que L’Eucharistie est " source et sommet de toute la vie chrétienne " (Catéchisme). Par ces Messes, le Pape peut, lors de ses voyages, prêcher et célébrer devant des millions de personnes. Les gens que le Pape vient voir souvent n’ont pas les moyens de se rendre à Rome, et participer à une Messe célébrée par lui, l’entendre prêcher est assurément un grand soutien spirituel, et un grand évènement de foi pour eux. Enfin, dans un monde qui rejette fortement le Christianisme, voir que la Messe attire des millions de personnes encourage les fidèles, et édifie les ennemis de la Foi.

Il est vrai que ces célébrations peuvent facilement tomber dans l’hystérie collective, ou pire dans le culte de la personnalité, comme cela a pu arriver en quelque occasion sous le pontificat du Pape Jean-Paul II. Mais ces erreurs ne sont pas une raison suffisante pour jeter l’anathème sur les Messes de masse. Notre Saint-Père Benoît XVI, personne dont le charisme, tout aussi grand, s’exerce d’une manière totalement différente de celui de son prédécesseur a su leur rendre une dimension hautement spirituelle et priante, comme cela s’est vu lors de son récent voyage au Royaume-Uni (Je pense surtout à la Messe écossaise). Le Pape s’inspire assurément de l’ars celebrandi des Messe de masses célébrées avant la réforme liturgique, laissant de la place au silence, au recueillement, à l’adoration du Seigneur qui accompli sous nos yeux le Sacrifice de la Croix, unique et sans cesse renouvelé.

Pour conclure, la Messe traditionnelle peut très bien s'adapter à ce genre de situations. Et on pourrait même refaire ce genre de choses, si tous les membres français des instituts et fraternités traditionnalistes suivaient la même Messe dans le même lieu... Ce qui n'est pas près d'arriver, j’en conviens. Mais une action spectaculaire de ce genre montrerait à ses opposants la force de la tradition, et à nos épiscopes que nous sommes nombreux. 

 

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 21:34

Où est la charité ? Où est l’amour ?

Depuis Novembre 2007, la communauté traditionnelle de la Fraternité Saint Pie X à Amiens est sans autre lieu de culte que le pavé, ou bien des lieux sommairement aménagés.  Situation ubuesque s’il en est ! Car, chacun sait qu’il y a à Amiens de nombreuses églises désaffectées, où aucune Messe n’est célébrée même occasionnellement le Dimanche matin.  Seulement l’antistite Jean-Luc s’oppose à tout prêt ou mise à disposition d’un lieu de culte à des Catholiques. Malgré les propositions du curé de la cathédrale (qui ouvrit un jour de grand froid les portes de Notre Dame d’Amiens, grâce lui en soit rendue) et d’un ordre religieux, rien n’a pu se faire, faut d’aval épiscopal.

 On pourrait arguer sans fin de la situation exceptionnelle en regard du droit canon de ce groupe, le droit n’a jamais empêché la charité. Car c’est un manque de charité, tout d’abord. Cet Évêque qui a fourni aux Orthodoxes comme aux protestants des lieux de culte le refuse à ses propres ouailles ! De plus, ce refus obstiné est tout à fait contraire et à l’esprit d’ouverture démontré par le Saint-Père Benoît XVI, et aux orientations qu’ont prises ses frères dans l’épiscopat, qu’il s’agisse des Mgrs. de Tarbes, de Toulouse, ou encore de Bayeux qui ce mois-ci ouvre sa cathédrale de Lisieux au pèlerinage de la FSSPX.

Alors que la courageuse communauté planifie de construire une église et prie actuellement dans une chapelle de fortune, il convient de rappeler que les cœurs ne sont pas encore ouverts totalement dans l’Église qui est en France. Il s’agit des même cœurs qui par une certaine nuit, en Judée, dans la ville de Bethléem, ont refusé d’héberger une mère de famille sur le point d’enfanter et son mari exténués par un long voyage.

Oremus pro antistite nostro Johanem Lucam. Stet et pascat, in fortitudine tua, Domine, in sublimitate nominis tui.

 

 

 
L'Abbé Sylvain Lammerand célèbre la Messe en la chapelle provisoire de la FSSPX à Amiens ce Dimanche.


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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 13:00

Une cathédrale se construit en Europe : celle de Prishtina, au Kosovo. C’est sous l’impulsion du président kosovar Ibrahim Rugova et de l’administrateur apostolique de Prizren Mgr. Marko Sopi que ce projet a pris corps. L’idée, du côté de la présidence de la république était de donner un visage plus occidental à la capitale du Kosovo en y inscrivant un bâtiment remarquable, emblématique, et significatif des ambitions européennes de ce petit pays pourtant à majorité musulman. Pour l’administrateur apostolique, il s’agissait de relocaliser la cathédrale du diocèse du Kosovo dans la capitale (et non plus à Prizren, capitale historique, mais petite ville provinciale) afin de suivre les mouvements de population dus à l’exode rural, et également de rendre l’Église Catholique plus visible dans le pays dans un but d’évangélisation.

Depuis, le président Rugova comme Mgr. Sopi sont morts brutalement, et c’est sous le président Fatmir Sejdiu (remplacé il y a une semaine par Jakup Krasniqi) et l’’administrateur apostolique Mgr. Dodë Gjergji que les travaux se sont perpétués.

 

Les projets concurrents. C’est finalement le dernier (et le plus traditionnel) qui a été choisi.

 

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Les travaux :

 

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L’inauguration de la cathédrale Bienheureuse Térésa de Calcutta de Prishtina :

 

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Son Excellence Mgr. Zef Gashi, Archevêque de Bar (Monténégro) représente le Pape Benoît XVI

 

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Les tours sont encore à construire, ainsi que l’intérieur à décorer.

 

Cette cathédrale est un grand espoir pour les Catholiques qui représentent entre 5 et 10% de la population du Kosovo. Mais elle nous incite également à prier pour les Orthodoxes du Kosovo qui ne jouissent pas de la même tolérance pour des raisons ethniques (les Catholiques comme les musulmans sont d'ethnie albanaise, alors que les Orthodoxes sont d'ethnie serbe) et qui n'ont jamais pu terminer leur propre cathédrale à Prishtina, en chantier depuis des années.

 

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 18:45

Un entretien avec le cardinal Joseph Zen, Évêque émérite de Hong-Kong.

 

Par Anthony Clark, Ph.D.

 

NDLR : Le Dr. Anthony Clark, Professeur assistant d’histoire de l’Asie à l’Université Whitworth de Spokane (État de Washington, USA) est allé en Chine faire des recherches cet été. C’est à cette occasion qu’il réalisa cet entretien avec le Cardinal Joseph Zen, quelques jours après avoir interrogé l’Évêque de Shanghai Mgr. Aloysius Jin Luxian.

 

Hong-Kong est incontestablement la ville la plus moderne d’Asie, et un phare mondial du matérialisme. Nichée parmi son réseau d’autoroutes urbaines, d’escaliers roulants et de gratte-ciel se trouve un petit immeuble abritant une modeste communauté de Salésiens, qui servent les pauvres et éduquent les jeunes suivant l’exemple de St Jean Bosco. Il est difficile d’imaginer que c’est dans cette discrète communauté que vit le prélat le plus proéminent et médiatisé de Chine, le Cardinal Joseph Zen S.D.B.

 

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Après avoir obtenu une audience, l’Abbé Paul Mariani S.J. et moi-même avons attendu Son Éminence au rez-de-chaussée de sa résidence à la Maison Salésienne des Études. Le Cardinal Zen nous a rejoint, et, baissant la climatisation, nous a informé du fait qu’il ne se sentait « pas très bien » ce jour là. Malgré sa maladie, il fut généreux de son temps, et démontra sa réputation d’honnêteté et de réalisme à propos de la situation de l’Église en Chine.

 

Mgr. Zen fut Évêque de Hong-Kong de 2002 à 2009, et créé cardinal par le Pape Benoît XVI en 2006. Lorsqu’il fut lui fut demandé lors d’un précédent entretien s’il avait l’intention de se reposer pendant sa retraite, il répondit : « Je prends ma retraite, mais je ne vais pas cesser de travailler pour l’Église qui est en Chine ». Il est évident que le Cardinal Zen est un ouvrier profondément pieux dans la vigne du Seigneur, et qu’il a voué son cœur au soulagement des souffrances des Chrétiens vivant de l’autre côté de la Grande Muraille. Il est peut-être l’homme d’aujourd’hui le mieux informé de ce qu’ils vivent.

 

Notre discussion s’ouvrit par une question à propos de la phrase de Tertullien « Le sang des Martyrs est semence pour l’Église ».

 

Anthony Clark : « - Éminence, pourquoi la Chine a-t-elle produit un grand nombre de Martyrs au cours de son histoire, et pourquoi de si fortes persécutions persistent encore aujourd’hui ?

 

Cardinal Zen : - Lorsque nous évoquons la situation en Chine, nous parlons de persécutions sous un régime communiste. Si le communisme en ses principes est le même partout, il peut présenter différentes caractéristiques selon les pays. La Chine est un pays où, fondamentalement, les Chrétiens sont minoritaires, et où les missions ont été considérées comme impérialistes. Subséquemment, les persécutions y furent cruelles et sans pitié. Également, le régime chinois étant une version « améliorée » du communisme, le contrôle exercé sur les religions y est particulièrement étroit.

 

A.C. - Pourquoi, si le gouvernement chinois souhaite que les Catholiques de Chine soient en tout points chinois, a-t-il pourtant interdit la vénération des Saints chinois canonisés par Jean-Paul II en 2000 ?

 

C.Z.  - On ne peut jamais savoir ce que le gouvernement communiste chinois a en tête, car il garde le secret sur ses décisions. Après l’annonce par le Vatican des canonisations, les autorités demandèrent aux Catholiques de signer un document désavouant le Pape. Cependant, la décision de faire se tenir la cérémonie un premier Octobre, fête nationale en Chine, était, bien évidemment, une importante erreur. Choisir le jour où la Chine célèbre le début du gouvernement communiste pour canoniser des Saints a été considéré par le parti comme une insulte voulue. Et de par le contrôle du gouvernement sur les activités religieuses, très peu de chinois sont au courant de la canonisation des 120 Martyrs.

 

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A.C. - Un autre problème auquel l’Église en Chine doit faire face est un nationalisme grandissant…

 

C.Z. - Tout d’abord, les Catholiques chinois restent chinois comme toujours. L’Église ne trahit pas l’identité chinoise.

A propos de l’escalade de nationalisme en Chine continentale, il faut garder à l’idée que les cultures chinoise et occidentale sont très différentes. Les missionnaires travaillant ici apportent leur propre nationalité, et malgré tous leurs efforts, ce sont toujours des étrangers. Cela est naturel. De même, les missionnaires apportèrent avec eux la théologie de St Thomas d’Aquin lorsqu’ils arrivèrent en Chine. Il n’y eut aucun problème avec cela, car il s’agit du meilleur de ce que l’Église enseigne. Occidentaux et chinois sont très différents, et chacun doit être reconnaissant des apports de l’autre.

 

A.C. - Pourquoi la canonisation des premiers Martyrs chinois ne date-t-elle que de 1930 ?

 

C.Z. - Il est possible que le Vatican ne veuille pas irriter le gouvernement communiste. Pourquoi ne devrions-nous pas faire connaitre tous ces Martyrs qui moururent sous les coups du régime ? Les gens n’osent rien dire, ils se disent que cela doit attendre des jours meilleurs. Mais quand seront-ces jours meilleurs ? Les jours meilleurs, c’est maintenant.

Le Martyr signifie « témoignage », et les Martyrs chinois, ceux qui sont canonisés et ceux qui ne sont pas encore connus, méritent qu’on écrive sur eux, et qu’on parle d’eux, cela afin de renforcer la Foi de ceux qui souffrent sous les persécutions d’aujourd’hui. C’est maintenant que les gens ont besoins d’encouragements.

 

A.C. - Quelle est la situation actuelle de l’Église officielle comme des communautés souterraines ? Bien que certains considèrent que les lignes de fracture entre elles auraient tendance à s’atténuer, beaucoup de Prêtre et d’Évêques chinois pensent le contraire, à savoir que les divisions seraient de plus en plus importantes.

 

C.Z. - Entre 1989 et 1996, j’ai vécu en Chine continentale six mois par ans, enseignant auprès des séminaires de l’Église officielle, et ce faisant au séminaire de Shanghai, j’en suis parvenu à la conclusion que ces gens étaient Catholiques, autant que tous les autres Catholiques du monde. Et par la suite, j’ai dit et répété qu’il ne fallait pas croire que les communautés souterraines garderaient la Foi contre une Église Patriotique qui l’aurait trahie. Non, pas le moins du monde.

Lors d’un synode, j’ai expliqué qu’il n’y a qu’une seule Église en Chine, parce que dans leur cœur, les Catholiques chinois partagent tous la même Foi. Mais, si l’on s’attarde sur le point de vue structurel, de comment ces communautés sont dirigées, il est clair que nous sommes en présence de deux Églises. L’Église souterraine est hors la Loi. Cela lui donne une sorte de liberté, qui lui permet d’échapper à tout contrôle de la part gouvernement. En face, l’Église officielle est pieds et poings liés sous la coupe du gouvernement. On ne peut donc absolument pas dire que les lignes de fracture s’atténuent. Certaines personnes soutiennent que l’Église souterraine devrait sortir de la clandestinité. Cela est tout à fait faux. Ce n’est pas dans la lettre du Pape (aux Catholiques de Chine, publiée en 2007, ndlr), et ce mirage a été dissipé par le compendium de cette lettre (publié en 2009, ndlr). Le Saint Père nous demandait la réconciliation des cœurs, pas la fusion en une seule structure.

Si le contrôle du gouvernement sur l’Église officielle est à ce point invasif, pourquoi les communautés clandestines devraient-elles la rejoindre ? Après tous, ces communautés ont souffert très longtemps, et leur demander cela est injuste.

 

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A.C. - Votre franchise peut parfois être mal perçue…

 

C.Z. - Quand, en Chine, on critique les communautés clandestines, je les défends, et quand on critique l’Église officielle, je la défends de la même manière, car elles sont toutes deux persécutées. Mais malheureusement, la générosité que le Saint-Père a démontrée en légitimant les Évêque de l’Églises officielle n’a pas porté les fruits attendus.

Il y eut des compromis de la part des deux parties. Typiquement, le Saint-Père reconnaissait les Évêques choisis par le gouvernement, sans leur demander de se distancier du pouvoir, et en échange, le gouvernement permettait ce genre de relations entre les Évêques et le Pape sans chercher à exercer de pressions sur ces Évêques.

Alors pourquoi les deux communautés restent à ce point divisées ? Une solution pourrait être trouvée, il est donc au-delà de mon entendement que la situation reste inchangée. Ceux qui sont à blâmer sont ces Évêques qui ne veulent pas suivre la volonté de ceux qui gouvernent l’Église, mais plutôt leur propre intérêt.

Un autre problème est que beaucoup des Évêques approuvés par Rome ne sont pas fiables. Même ceux qui sont en communion avec le Pape vont dire « L’Église de Chine doit être indépendante ». Comment peuvent-ils se dire en communion avec le Saint-Père ? C’est incroyable. 

 

A.C. - Pensez-vous que la lettre du Pape aux Chrétiens de Chine ait enlevé sa raison d’être à l’Église souterraine, Benoît XVI y suggérant que d’être souterraine n’est pas la manière habituelle de fonctionner de l’Église ? La lettre du Pape n’aurait-elle pas créées d’une façon ou d’une autre de nouvelles confusions au sein de l’Église qui est en Chine ?

 

C.Z. - Non, en Chine les Catholiques sont scandalisés de ce que les Évêques de l’Église officielle qui ont été reconnus par le Pape continuent de se ranger du côté du gouvernement. Le Pape n’a pas demandé à l’Église souterraine de faire surface et de rejoindre l’Église patriotique, mais a simplement mis en lumière l’anormalité de la situation chinoise. En effet, les communautés clandestines ont des raisons de se défier de l’Église officielle. Bien évidemment, on m’a critiqué, les gens disent « Qui êtes vous, Cardinal Zen ? Vous-même vivez en paix, et vous poussez vos frères au Martyr ». Je ne pousse personne au Martyr : le Martyr est une grâce particulière de Dieu. Mais je pense aussi que lorsqu’on est Évêque, on doit agir en cohérence avec sa Foi. La chose la plus importante aux yeux des communistes est le contrôle, et ils ont trouvé en l’Association Catholique Patriotique le moyen de contrôler l’Église qui est en Chine.

 

A.C. - Pouvez-vous nous expliquer comment l’Église Patriotique est contrôlée en Chine continentale ?

 

C.Z. - En premier lieu, M. Liu Bainan, l’actuel vice-président de l’Association Catholique Patriotique Chinoise est peut-être le rouage le plus important dans les efforts du gouvernement pour contrôler les Catholiques de Chine. Depuis de nombreuses années, il est à la tête de l’Église qui est en Chine, et les Évêques ne sont pas grand-chose de plus que ses esclaves. Lors des dîners entre M. Liu et les Évêques, celui-ci est le seul à parler. Ce n’est que lorsqu’il est parti que les autres présents peuvent prendre la parole. C’est très humiliant. Certains, pourtant, voient en lui un Saint. Que pouvons-nous faire ? C’est incroyable.

 

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La cathédrale N.-D. de l'Immaculée Conception de Hong-Kong

 

A.C - Certains de vos détracteurs considèrent que vous et M. Liu représentez deux extrêmes qui gardent l’Église qui est en Chine divisée…

 

C.Z. - Ils n’ont pas tort. Nous représentons vraiment deux extrêmes. Lui veut que l’Église chinoise demeure séparée de Rome, il a pris parti pour les sacres épiscopaux illicites, et pour de grandes réjouissances à l’occasion de la célébration des 50 ans de l’Association Catholique Patriotique. Il y a même de nombreuses preuves de ce que, en bien des choses, il va au-delà des instructions du gouvernement. Par exemple, quand le gouvernement convoque cinq Évêques à un synode, Liu y envoie un sixième. Le gouvernement lui-même ne peut se satisfaire de cette situation.

La situation s’arrangerait si, tout simplement, les Évêques prenaient au sérieux la récente lettre du Saint-Père à l’Église qui est en Chine. Je ne peux pas comprendre pourquoi ils ne la prennent pas au sérieux. Certains en donnent même une fausse interprétation.

 

A.C. - Malgré les sérieux problèmes que l’Église qui est en Chine rencontre, le nombre de Catholiques continue d’augmenter. On peut se demander si en cela l’Église agit bien.

 

C.Z. - Il n’est pas surprenant que les gens cherchent un soutien dans le Christianisme alors que la Chine se trouve dans un état si désordonné. Il faut garder à l’esprit que les Chrétiens de Chine demeurent une petite minorité, et qu’on ne peut en demander plus qu’elle ne peut à l’Église chinoise ces temps-ci. L’Église qui est en Chine doit aujourd’hui se battre pour sa survie, à la différence de l’Églises dans d’autres parties du monde. Et malgré ce besoin de se battre pour survivre, elle arrive à évangéliser et à exercer la charité.

 

A.C - Pour terminer, Éminence, que pensez-vous que puissent faire les Catholiques étrangers  pour l’Église chinoise ?

 

C.Z. - Je pense que la première chose à faire est de connaitre l’Église qui est en Chine. Il est dommage qu’il y ait beaucoup de personnes qui savent ce qui se passe ici et n’en parlent pas, et beaucoup de gens qui parlent des Catholiques de Chine sans vraiment en connaitre quoi que ce soit. Il y a aujourd’hui beaucoup trop de confusion. Oui, beaucoup trop de confusion.

Le Saint-Père a les idées extrêmement claires en ce qui concerne l’Église en Chine, et nous avons de la chance d’avoir un tel Pape ».

 

Le Cardinal termina avec une prière à Notre Dame, Aide des Chrétiens. Alors que nous le quittions, il nous dit qu’il devait se dépêcher afin de pouvoir dire sa Messe quotidienne, et bénit pour nous des images de Notre-Dame de Chine.

 

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La cathédrale N.-D. de l'Immaculée Conception de Hong-Kong

 

Le Cardinal Zen est un homme d’Église profondément soucieux de la Foi et de la liberté de ses frères chinois. Et il est clair qu’il ne se reposera pas tant que le gouvernement communiste ne donnera pas à l’Église une totale indépendance de son contrôle. D’après lui, « Le mot de la fin ne doit pas appartenir exclusivement à un gouvernement athée ». Ce n’est rien  moins que la tâche d’affronter un système, selon ses propres mots, « cruel et sans pitié ». Malgré les combats des temps présents, le Cardinal Zen est un homme plein d’espoir : comme il le disait, « L’hiver est passé, et le printemps va arriver ».

 

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 18:34

"Heureux d'être Petits chanteurs", la prière d'expression française des Pueri Cantores, composée par le père Patrick Giraud, interprétée par les Petits chanteurs de Passy et des Petits chanteurs de Saint-Laurent, deux manécanteries de Paris.

 

Heureux d'être Petits Chanteurs
Frères dans Ton Amour,
Nous voulons Seigneur
Te servir en chantant la Gloire de Ton Nom.
Que notre Chant soit un appel pour ceux qui Te cherchent,
Que notre vie reflète ce que nous chantons
Et témoigne de Ta tendresse pour les hommes.
Que Ta Grâce en nos cœurs soutienne nos efforts ;
Fais de nous, Seigneur, des artisans de Paix.

 

Les Petits Chanteurs de Passy

 

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 22:59

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"Chanter, c'est prier deux fois" (Saint Augustin)

 

La Manécanterie

 

Créée sur le modèle des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, la manécanterie a pour but de donner aux enfants et aux jeunes une formation musicale, spirituelle et humaine, par la pratique du chant choral.

La manécanterie se compose de pupitres de voix d’enfants, soprani et alti de 9 à 15 ans, et de pupitres de voix d’hommes, ténor et basses à partir de 15 ans.

 

Les enfants abordent des œuvres du répertoire religieux du XVIe siècle à nos jours, et également des pièces des répertoires profanes et populaires. Les œuvres au répertoire récemment ont été le Magnificat de John Rutter, la musique pour les funérailles de la reine Mary de Purcell, les cantates 4 et 64 de Jean-Sébastien Bach…

 

La manécanterie chante régulièrement la Messe, ce qui est sa vocation première, et donne des concerts, permettant ainsi aux jeunes chanteurs de mettre leur travail au service du public. Ils découvrent à la manécanterie la responsabilité au sein du groupe, la solidarité, et s’enrichissent autour d'un projet commun dont le plaisir est partagé.

 

L'association est membre de la fédération française des Pueri Cantores, fondée en 1944 par Mgr. Maillet, regroupant plus d’une centaines de maitrises et manécanteries en France, et reconnue comme mouvement d’Église par le Saint-Siège.

 

Le site internet des Petits Chanteurs de Passy.

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 17:03

http://www.ignatiusinsight.com/images/featureart1/july2010/noeasyanswers.jpg

 

Il n’y a pas de réponses faciles. Un entretien avec l’Évêque de Shanghai Aloysius Jin Luxian S.J.

 

NDLR : Le Dr. Anthony Clark, Professeur assistant d’histoire de l’Asie à l’Université Whitworth de Spokane (État de Washington, USA) est allé en Chine faire des recherches cet été. Cet entretien fut mené quelques jours avant celui avec le Cardinal Joseph Zen de Hong-Kong.

 

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La cathédrale Saint-Ignace à gauche, et à droite le nouveau palais épiscopal

 

C’est au quatrième étage de l’imposant et nouveau palais épiscopal de Shanghai que se trouvent les appartements de l’Évêque officiel plus puissant de Chine, Mgr. Aloysius Jin Luxian, 94 ans. Alors que les millions de touristes qui déferlent en ce moment dans la ville afin de visiter l’Exposition Universelle recherchent un avant-goût du futur, l’antédiluvien Mgr. Jin semble être une relique du passé de la Chine, pré- et postcommuniste. Dans le paysage Chrétien d’aujourd’hui, il est devenu une figure imposante, comme son nouveau palais épiscopal, et accessible seulement après avoir traversé plusieurs niveaux de portes à code.

L’Évêque est extrêmement lucide et énergique, ce qui est surprenant de la part d’un quasi-centenaire souffrant de diabète. C’est un des hommes d’Église les plus énigmatiques, et on en arrive à se demander fréquemment si ses déclarations sont vraies, ou s’il s’agit d’une affirmation biaisée, mode d’élocution qui doit être le résultat de ses nombreuses années à négocier avec le pouvoir communiste. Ce pouvoir le tient d’ailleurs sous une surveillance sourcilleuse, en tant que prélat le plus médiatisé de Chine continentale.

Mgr. Jin fut en ce qu’il me semble franc avec moi, connaissant la vigilance que l’on doit conserver lorsqu’on évoque le rôle du gouvernement dans les questions religieuses.

 

Les églises Catholiques de Shanghai ne ressemblent pas aux autres églises chinoises : elles sont fréquentées par beaucoup d’étrangers, et reçoivent beaucoup d’argent de leur part. Elles sont donc beaucoup mieux entretenues. La patte de Mgr. Jin est discernable partout dans le diocèse, en ce qu’il l’a rendu solvable financièrement, notamment grâce à des devises étrangères. Et l’Évêque est incontestablement fier de ses succès. On peut pourtant se demander  en quelle mesure le gouvernement à aidé à la renaissance du Catholicisme dans un diocèse dévasté par les purges et les pillages de la Révolution Culturelle. Certains considèrent que les résultats sont de plus grande importance que les moyens employés pour y parvenir. Pour les communautés clandestines cependant, la seule conduite acceptable est une obéissance sans contestation et un soutien total au Pape. Shanghai est donc un exemple de la façon dont l’Église qui est en Chine est divisée.

 

Certains faits concernant le diocèse sont peu connus : Mgr. Jin n’est en fait pas titulaire de son diocèse, et dans un pays où les ordres religieux sont interdits, il n’est pas le seul Évêque Jésuite. De fait, selon le Vatican, l’Évêque titulaire de Shanghai est Mgr. Fan Zhonglian S.J., et Mgr Jin son coadjuteur. Bien évidemment, selon le gouvernement chinois, cela n’est pas son statut : les documents officiels ne mentionnent que le « Père Évêque Jin »  comme ordinaire du diocèse. Lorsqu’on questionne un Prêtre ou un Évêque chinois sur l’état de l’Église qui est en Chine, on se fait répondre « C’est compliqué ».

 

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La nef et le choeur restaurés de la cathédrale St Ignace

 

Mgr. Jin est une personnalité compliquée, et il l’admet. Pour lui, sa complexité réside dans la façon dont il fait fonctionner les choses. Lors des grandes persécutions des années 50, lui comme son Évêque Mgr. Gong Pinmei (qui fut par la suite créé cardinal) furent arrêtés et emprisonnés pour avoir refusé la politique du parti. Désormais, de nombreux Catholiques se demandent si le succès de leur Évêque, qui a passé des décennies en prison, n’est pas lié à un changement d’approche de sa part envers le gouvernement.

 

Anthony Clark : « - Monseigneur, quelle est pour vous la situation générale de l’Église qui est en Chine en ce moment, et comment naviguez-vous parmi les difficultés qu’impliquent le fait d’être un Évêque Catholique dans un pays communiste ?

 

Mgr. Jin : - Effectivement, les choses sont compliquées ici. Je dois être à la fois serpent et colombe, et c’est ce que je suis. Pour le gouvernement, je suis trop proche du Vatican, et pour le Vatican je suis trop proche du gouvernement. Je suis tout à fait coincé entre le contrôle exercé par le gouvernement, et ce que me demande le Vatican. Lorsque je suis sorti de prison l’Église était totalement en ruines, et après avoir remplacé mon prédécesseur (Mgr. Aloysius Zhang Jiashu, consacré illicitement, ndlr), j’ai écrit des centaines de lettres aux Églises locales du monde entier quémandant de l’argent afin de restaurer le diocèse. La plupart de l’argent vint d’Allemagne, certaines sommes me parvinrent d’autres pays européens et d’Amérique. Mais je n’ai rien reçu du Vatican.

J’ai tenté de faire permettre de nouveau la prière pour le Pape lors de la Messe. Mais à cette époque, deux choses étaient strictement interdites : implémenter la réforme liturgique du Concile Vatican II, ce qui aurait constitué une capitulation devant des directives romaines, et prier pour le Pape pendant la Messe. Du point de vue du gouvernement, l’Église de Chine était entièrement indépendante de Rome. J’ai été plus de dix fois à Pékin  demander aux autorités de nous autoriser à prier pour le Pape, mais  elles y étaient opposées. De plus, comme nous devions dire l’ancienne Messe, j’ai contacté un ami allemand afin qu’il sauve et nous envoie le plus possible de Missale Romanum, en effet, c’était après le Concile et tout le monde s’en débarrassait. Il m’en a envoyé plus de 400 exemplaires, comprenant bien sûr la prière pour le Pape. J’ai également réussi à en faire imprimer de nouveaux exemplaires ici, et j’ai distribué tout cela partout en Chine. Puis, le nom du Pape a pu de nouveau être prononcé pendant la Messe.

 

A.C. - Malgré la résistance que vous opposez au gouvernement, vous êtes officiellement un « Évêque Patriotique ». Comment avez-vous utilisée votre position dans le but d’obtenir plus de libertés de la part de l’Association Catholique Patriotique pour l’Église dans votre diocèse ?

 

Mgr. J. - Je ne suis pas un « Évêque Patriotique », je suis un Évêque Catholique. De fait, dans l’annuaire du diocèse, il n’est pas une seule fois fait mention de l’Association Patriotique. Lorsqu’elle vida temporairement ses locaux dans la cathédrale et le palais épiscopal, j’ai très rapidement affecté ces espaces à d’autres usages, de façon à ce qu’elle ne puisse pas s’y réinstaller. Par conséquent, il n’y a plus d’Association Catholique Patriotique à Shanghai.

 

A.C. - Vous semblez être partisan de la dissolution de l’Église clandestine dans l’Église approuvée par le gouvernement. De fait, certains analystes, dont moi-même, ont suggérés que les lignes de fractures entre les Églises officielle et souterraine se réduiraient, de sorte à ce qu’elles soient moins différenciables…

 

Mgr. J. - Non, il n’est pas vrai que les fractures entre nous et ceux qui se cachent disparaissent. En fait, c’est de pire en pire, les divisions ne cessent de grandir. Très peu de gens comprennent que l’Église officielle souffre bien plus car nous sommes complètement nus devant la surveillance constante du gouvernement. Laissez-moi vous résumer la situation. Certaines personnes pensent que les communautés souterraines sont la véritable Église Catholique en Chine, et qu’elles sont les seules à être vraiment loyales au Pape. Ils disent aussi qu’elles sont plus obéissantes à Rome que les communautés approuvées par l’État. Cela est très largement faux, car à l’heure où je vous parle le gouvernement sait où je suis ainsi que tout les autres Évêques, et nous vivons sous l’énorme pressions de devoir accepter tout ce que le parti nous demandera. En face, les clandestins sont libres de se déplacer selon leur volonté. Vous savez, selon le droit canon un Prêtre doit rester sous la juridiction de son ordinaire diocésain ; mais le clergé clandestin se déplace partout en Chine avec une grande liberté. Est-ce cela, l’obéissance aux lois de l’Église ? Et quand le Pape a écrit aux chinois, c’est l’Église officielle qui lui a répondu avec respect et obéissance. Les clandestins l’ont au contraire totalement ignoré. Est-ce cela l’obéissance au Pape ? Également, quand le Pape appelle les communautés Catholiques de Chine à surmonter leurs oppositions et être une seule Église, le Cardinal Zen encourage d’Hong-Kong l’Église clandestine à rester inflexible dans son opposition à l’Église officielle. Est-ce cela que le Pape veut ?

 

A.C. - Vous pensez donc que les divisions vont perdurer, au moins jusqu’à la fin de l’époque marquée par le Cardinal Zen et M. Liu Bainan, le président de l’Association Catholique Patriotique ?

 

Mgr. J. - Ces deux hommes sont des obstacles pour l’Église qui est en Chine, et nous ne pourrons jamais avant leur disparition réconcilier les communautés officielle et clandestine. Aussi longtemps que Liu voudra que l’Église de Chine soit entièrement indépendante il y aura des Catholiques clandestins, et aussi longtemps que le Cardinal Zen leur dira de rester séparés il n’y aura pas d’unité.

 

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La Messe dominicale, dont l'assemblée compte de nombreux étrangers, en l'église St Pierre de Shanghai

 

A.C. - Pouvez-vous nous parler de la Révolution Culturelle et des souffrances endurées par vos ouailles ?

 

Mgr. J. - (prenant une expression solennelle) Durant la Révolution Culturelle beaucoup, beaucoup de Saints hommes et femmes souffrirent et furent tués, mais ce sujet doit être laissé à des temps futurs. Il n’est pas prudent aujourd’hui de parler de cela.

 

A.C. - Que voudriez-vous vous-même dire au Pape ?

 

Mgr. J. - Je voudrais lui dire tout d’abord « merci, merci de comprendre les Catholiques de Chine, comme vous l’avez montré dans votre récente lettre ». La lettre du Pape à l’Église en Chine est magnifique. J’aimerais aussi lui dire que nous l’aimons. Nous l’aimons et nous prions pour lui. Nous avons prié pour lui tout particulièrement au cours de ses récentes difficultés, l’Église qui est en Chine est à ses côtés. Elle prie pour lui, et le diocèse de Shanghai prie pour lui. Et j’aimerais enfin lui dire que malgré le peu d’aide que nous avons reçu de Rome, je suis son serviteur. Je suis loyal au Vatican. Je suis heureux que nous ayons ce Pape, car je pense qu’il comprend profondément l’Église en Chine. Il devrait seulement être plus discret lorsqu’il prend conseil de la part de certains Évêques des confins. La situation ici est complexe. »

 

Mgr Jin mit fin à l’entretien sur quelques réflexions à propos de certaines grandes figures de l’histoire des Catholiques de Shanghai, parlant avec affection du Cardinal Gong, héros de l’Église clandestine. Avant d’être prisonniers, ils étaient amis, et furent assis côte à côte lors de leur procès. Enfin, il me fit remarquer à quel point la situation de l’Église s’était améliorée depuis son avènement épiscopal, et combien était grande la nécessité que l’Église clandestine se soumette à l’Église officielle. Cette position est tout à fait contraire à celle du Cardinal Zen, qui a grandi dans le même diocèse, chose qu’il admet volontiers.

 

La complexité de la personnalité de Mgr. Jin doit être mise en perspective avec la dureté de sa vie et de son contexte. Tout n’a pas été  facile pour lui, comme pour tous ceux qui se sont trouvés persécutés après 1949. Grâce aux efforts de leur Évêque, les Catholiques du diocèse de Shanghai sont une communauté active jouissant d’un séminaire plein et d’un grand nombre d’églises restaurées et dynamiques. Bien que certains disent que tout ceci fut accompli par des compromis, d’autre louent son esprit combatif.

 

Laissons le mot de la fin à l’Évêque de Shanghai : « Je suis né sous le règne de Benoît XV, et je vais probablement mourir sous celui de Benoît XVI. J’aurais vécu entre deux bons Papes, et j’espère avoir été un bon Évêque ».

 

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La nef et le choeur restaurés du sanctuaire marial de Sheshan

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 22:41

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Par Anthony E. Clark, Ph.D.

 

NDLR : Le Dr. Anthony Clark, Professeur assistant d’histoire de l’Asie à l’Université Whitworth de Spokane (État de Washington, USA) est allé en Chine faire des recherches cet été. Cet article a été écrit le 8 Juillet 2010.

 

En traversant les provinces les plus pauvres de la Chine, on voit le plus souvent des camions-benne remplis de charbon, des carrioles à mulet débordant de légumes fraîchement récoltés, des paysans accroupis fumant de longues pipes, et des masures délabrées sur les bords de la route. Apparait parfois un pavillon ou un temple, mais la plupart ont été détruits durant la Révolution Culturelle de 1966-76.

Les églises Catholiques ont surtout souffert durant deux périodes, la rébellion des Boxers de 1898-1900 et la Révolution Culturelle. Les Boxers anti-étrangers, appelées « poings de l’harmonie vertueuse » ont ravagées les provinces de Chine du Nord en attaquant les Chrétiens et détruisant les églises, et quand les Gardes Rouges ont été missionnés pour détruire les « quatre vieilleries » (vieilles idées, vieilles coutumes, vieilles habitudes et vieille culture), ils s’attaquèrent non seulement à tout ce qui semblait traditionnel, mais aussi à tout ce qui était étranger ou  portait une signification spirituelle. Étant à la fois anciens, traditionnels, étrangers et la marque d’une religion, les églises Catholiques, les orphelinats, les séminaires et les hôpitaux ont connus une importante vague de destructions sous l’ère maoïste.

Malgré ces évènements, la Chrétienté chinoise a grandi à vitesse météoritique dans les dernières décennies, passant d’environ 4 millions de fidèles en 1949 à 50 millions aujourd’hui. Le gouvernement actuel, en comparaison avec l’intolérance précédente, se montre relativement ouvert face à cette croissance, bien que la situation demeure instable, et que les derniers évènements suggèrent un accroissement du contrôle des autorités sur les activités de l’Église Catholique. Des caméras de surveillances ont été installées à l’entrée des églises, et la position du Bureau des Affaires Religieuses envers les « interférences » romaines dans les affaires de l’Église qui est en Chine s’est raidie. L’autorité pontificale, l’avortement, et le choix des Évêques continuent à être des sujets sensibles, bien que le niveau d’intensité de ces conflits diffère selon les provinces.

Une des success-story les plus étonnantes du Catholicisme en Chine est le village de Liou Hé Koun, situé à une heure de route de la capitale déshéritée du Shanxi, Taiyuan, centre de ce qui est le diocèse le plus Catholique de Chine. Liou Hé Koun est difficile à trouver sans aide, il vaut donc mieux être accompagné d’un Prêtre local. Sur la route, l’un des plus grands secrets du Shanxi se révèle : village après village, église après église, de hautes flèches s’élèvent au dessus de chaque hameau, comme dans le Sud de la France.

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Statues de Saints à l'entrée du village de Liou Hé Koun

 

En arrivant à Liou Hé Koun par une route étroite, on est accueilli par trois grandes statues à l’entrée du village : St Pierre tenant ses clefs est encadré par Sts Simon et Paul. Une demi-heure avant la Messe, les hauts parleurs du village, autrefois zélés diffuseurs de la pensée de Mao et des slogans du parti, diffusent la récitation du chapelet. En cheminant à travers la bourgade, l’église, un large édifice comportant un dôme s’impose aux regards, et une fois arrivés sur son parvis, le visiteur est accueilli par un curieux mélange d’architecture néo-gothique, de palmiers jaunes en plastique, et de bannières colorées claquant au vent. Le Shanxi a ses goûts, bien particuliers, par exemple, chaque église comporte deux grandes pendules comtoises (personnes ne pu m’instruire de l’origine de cette curieuse coutume) et des rangées de drapeaux colorés sur son parvis.

Liou Hé Koun est le plus grand village Catholique de Chine. Assister à l’une des Messes du Dimanche, attirant chacune près de 3 000 fidèles, est stupéfiant. Avant la Messe des Prêtres et des fidèles s’agenouillent et chantent le chapelet sur une psalmodie locale (celle-là même qui est diffusée par les haut-parleurs du village). Dans ce qui n’est qu’un minuscule village selon les critères chinois (autour de 7 000 habitants) 90% de la population est Catholique. L’une des raisons de ce fort attachement à la Foi, d’après les villageois, est les épreuves qui leurs furent imposés durant les deux terribles périodes de persécutions anticatholiques.

Il circule de nombreux récits populaires sur la manière dont le village de Liou Hé Koun a survécu à la révolte des Boxers. L’Abbé Zhang Junhai, le curé de la paroisse m’en a raconté une : A l’Été 1900, alors que les Boxers étaient à l’approche de la bourgade, la Vierge Marie est apparue au dessus du clocher de l’église, en robe blanche, les mains étendue devant Elle. Une armée d’Anges L’entourait, et Elle indiquait la direction d’où les Boxers provenaient. Suite à cela, les hommes du village purent se préparer à contrer l’attaque. Les villageois attribuent aussi à la sainte garde de la Vierge le fait que les canons des Boxers explosèrent en faisant feu. Aujourd’hui, la dévotion à Marie imprègne toute la communauté : toutes les familles possèdent une image de Son Cœur Immaculé devant laquelle elles disent le chapelet chaque soir.

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L'église de Liou Hé Koun pendant la Révolution Culturelle

 

Bientôt sept décennies après la révolte des Boxers, la Révolution culturelle vint troubler la paisible vie quotidienne de Liou Hé Koun. L’église paroissiale fut vidée de ses bancs, l’Autel laissé nu, et les murs et piliers couverts de slogans révolutionnaires. Comme dans toute la Chine à cette époque, l’église de Liou Hé Koun fut fermée et les fidèles durent se joindre à la démence radicale des Gardes Rouges ou bien souffrir terriblement pour leur Foi. Quelques villageois érigèrent une tente afin d’y dire la Messe sur un Autel de fortune. Un nonagénaire nous raconta sans faux semblants l’arrestation et les violences faites à son oncle franciscain sous Mao. Le Prêtre fut battu plusieurs fois, ce qui consistait en arrachage des cheveux, coups et blessures diverses, et une stricte isolation. Après pareils traitements, ce Prêtre mourut d’une blessure à la tête. Ces récits de miracles, et le sacrifice de Martyrs comme ce franciscain qui mourut en 1969 ont conforté et confortent encore toute la population à garder précieusement sa Foi.

Pour l’Abbé Zhang, les combats d’aujourd’hui sont différents, il ne s’agit plus tant de résister à la persécution qu’au matérialisme qui envahit peu à peu la Chine. Lorsque les enfants et les jeunes restent au village, ils se rendent au catéchisme, et à la plupart des cérémonies religieuses et évènements paroissiaux. Comme le village est quasiment entièrement Catholique et pratiquant, la communauté est relativement peu affectée par le consumérisme et le sécularisme chinois actuels. Mais comme il y a moins de 3% de Chrétiens en Chine, ceux qui s’en vont chercher du travail ou étudier ailleurs manquent de soutien spirituel. Si les villageois peuvent s’appuyer les uns sur les autres, comme par exemple lorsqu’ils s’entraident afin de payer les amendes nécessaires pour avoir plusieurs enfants, il est bien plus difficile de résister aux pressions des politiques officielles hors de la communauté. Liou Hé Koun est en effet le plus grand village Catholique de Chine principalement parce que ses familles ont élaboré de multiples stratégies leur permettant d’avoir beaucoup d’enfants, qui sont ensuite élevés dans des familles très pratiquantes. En allant à la Messe dans l’immense église, on ne peut qu’être étonné à la vue de ces familles nombreuses, un fait exceptionnel dans la Chine de l’enfant unique.

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La façade de l'église de Liou Hé Koun

 

Il y a deux siècles, Liou Hé Koun n’était rien d’autre qu’un hameau perdu au milieu des champs. Aujourd’hui, c’est un succès de l’Église Catholique dans un pays où les persécutions furent lourdes et subsistent toujours. Lorsqu’on le questionne sur les sentiments des villageois pour le Pape, L’Abbé Zhang insiste sur sa loyauté au Saint-Père et sa volonté de suivre ses enseignements. J’ai en effet remarqué, bien en évidence sur le mur du bureau de la paroisse, une bénédiction pontificale, alors que le curé me répondait : « Nous sommes une paroisse très traditionnelle, pas comme dans certains pays ». Malgré ses diverses irrégularités dans ses relations avec Rome, l’Église qui est en Chine possède une identité Catholique et un attachement au Pape bien plus forts que dans bien des pays.

Liou Hé Koun est un endroit extraordinaire, et relativement libre de toute interférence gouvernementale, sans doute à cause de son éloignement des grandes villes, et de son appartenance à une province arriérée. Le village est en effet extrêmement pauvre, et les mirages du confort matériel chassent de plus en plus d’habitants chaque année. Bien qu’une partie de ceux qui s’en vont cesse de pratiquer, Liou Hé Koun est l’une des principales sources de vocation de toute la Chine. Il semble que dans chaque diocèse ou presque il y ait un jeune Prêtre qui en soit originaire, et c’est un fait que la plupart des Catholiques de Chine ont entendu parler de cet endroit.

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La nef de l'église (plus de 3 000 places)

 

La Foi de ce petit village Catholique est passionnée, et même le nom de la bourgade est une allusion au rôle de Dieu dans l’existence humaine. Les chinois croient en l’harmonie entre les « 5 directions », (« Wuhe »), Nord, Sud, Est, Ouest et Milieu. En se convertissant, le village adopta le nom de « Liou Hé Koun », « village des 6 directions », car il ne

peut pas y avoir d’harmonie sans Dieu, la « 6e direction ».

Lorsque nous quittâmes Liou Hé Koun après avoir assisté à une Messe célébrée comme à St Pierre de Rome, des centaines de villageois, à commencer par l’Abbé Zhang, son vicaire, et le bedeau s’alignèrent sur les marches de l’église pour nous regarder partir. Des centaines d’enfants se trouvaient là, riant et jouant ensemble joyeusement. Je me demandais combien d’entre seraient un jour amenés à servir l’Église comme Prêtre ou religieuse, et aussi combien de chinois de bases avaient entendu parler de ce village merveilleux, totalement inattendu au beau milieu de la province aride du Shanxi.

En regardant derrière moi s’éloigner l’énorme église néo-gothique entourée de toute sortes de chinoiseries, j’ai pensé à l’universalité de l’Église Catholique. Aucun occidental ne reconnaitrait la mélodie des prières et des cantiques, ou la langue, ou la manière dont les gens socialisent. Mais n’importe quel Chrétiens admirerait  la Foi profonde des humbles Catholiques de Liou Hé Koun, qui non seulement ont résistés à deux vagues de persécutions, mais s’en sont nourris comme une terre asséchée d’eau.

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Villageois priant le chapelet

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 18:45

 

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Revenons aux origines : les couleurs du drapeau national ont été acceptées par le Roi Louis XVI le 17 Juillet 1789. C’est la Convention en 1794 qui demanda au peintre David d’en faire un drapeau. C’est depuis lors que ce drapeau est peu aimé (c’est un euphémisme) des royalistes (les seuls vrais, les légitimistes) de par le régime qui l’adopta (un régime régicide et génocide). Par la suite, la République se l’appropria, alors que la plupart des royalistes restaient assez sottement attachés au drapeau blanc. Sottement ? Oui, en effet le drapeau bleu-blanc-rouge est tout autant un emblème de la Maison royale que le drapeau blanc, et également digne de représenter la France.

Premièrement, le drapeau blanc n’est que le drapeau personnel du Roi, il n’a jamais eu la prétention d’être drapeau national. Ce qui pouvait le plus se rapprocher de cette fonction était l’oriflamme, conservé en la basilique St Denis, de gueules semé de flammes d’or.

Un autre argument des contempteurs des couleurs nationales est que les couleurs bleu et rouge sont celles de la ville de Paris, et que c’est le peuple de Paris qui s’est soulevé contre son Roi et l’a conduit au martyr. Il faut cependant remonter un peu plus loin dans l’histoire pour trouver l’origine de la présence de ces couleurs. C’est à une période lointaine, le Haut Moyen-Âge que la corporation des bateliers de Paris a reçu de Hugues Capet (ou de son père Raoul) un privilège leur réservant la navigation sur la Seine. Par gratitude, la corporation a adopté des armes de gueules et d’azur au vaisseau d’argent, l’azur et le gueule étant la couleur de la maison des Robertiens-Capétiens. Par la suite, la corporation devint si puissante qu’elle en vint à contrôler totalement l’administration municipale et à lui donner ses armes, et sa célèbre devise fluctuat nec mergitur.

Ces couleurs furent notamment acceptées par le Dauphin Charles en 1358. En effet, le geste célèbre d’Etienne Marcel, très ambivalent, de placer son chapel bleu et rouge sur la tête du Dauphin signifie tout autant qu’il le met sous sa protection et celle de la municipalité, et qu’il le reconnait pour membre de la Maison de France, destiné à l’Onction Royale et à régner sur ceux qui seront ses sujets. Cette deuxième signification qui parait évidente a au passage été effacée des livres par la République voulant mordicus y voir une soumission du Roi au peuple de Paris et à son prévôt, érigé en représentant de la nation alors qu’il n’était que celui d’un ordre bien déterminé : la fraction bourgeoise du Tiers-état.

Il faut aussi mentionner que les drapeaux des régiments royaux portaient fréquemment ces couleurs, ainsi que les uniformes de la Garde Suisse, qui donna ses hommes jusqu’au dernier pour le salut du Roi.

On voit donc que l’association de ces trois couleurs n’est pas absurde, correspondant en fait à l’union des couleurs de la maison de France avec la couleur personnelle du Roi. Que les couleurs de la maison de France soit les mêmes que celles de la ville de Paris ne fait rien à l’affaire.

Et puis n’est-il pas bon que des couleurs dans lesquelles le peuple se reconnaît figurent aux côtés de celle du Roi sur le drapeau national ? Cela ne contredit pas les principes de l’Ancien Régime qui, quoi qu’on en dise, était fondé sur des Lois Fondamentales, également appelées Constitutions (au pluriel) du Royaume et rendant impossible tout despotisme, la représentation de toutes le composantes de la société auprès du Monarque divinement élu, et la garantie des libertés individuelles coutumières.

S’il faut regretter que ce bel emblème soit associé dans les esprits aux grands massacres révolutionnaires, et à cet affreux tableau de David où l’on voit une hétaïre parisienne guidant le peuple vers sa déchéance, ce n’est pas une raison suffisante pour méconnaître son origine qui n’a rien de condamnable.

Enfin, l’Église a sanctifié ce drapeau en apposant dessus le Sacré-Cœur de Jésus, créant ce qui est communément appelé un « ESF », initiales de la devise qui y est brodée « Sacré-Cœur de Jésus, Espoir et Salut de la France ». Les enfants de France sont morts pour lui, de Verdun à Dien Bien Phu. Ne serait-ce qu’en souvenir de ce sang versé, écho profane à celui qui coule du Sacré-Cœur, nous devons l’aimer et le respecter.

 

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Qu’en est-il aujourd’hui du drapeau national ? Il est indiscuté et indiscutable qu’il a une grande place dans le cœur de la plupart des français, qui s’identifient à lui. Il est connu dans le monde entier : c’est lui que les étudiants de la place Tian An Men brandissent en 1989 comme symbole de liberté. On peut se dire qu’il n’est pas menacé, étant protégé légalement par l’Article 433-5-1 du Code pénal :

« Le fait, au cours d'une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7 500 euros d'amende.

Lorsqu'il est commis en réunion, cet outrage est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende. »

Seulement voilà, un large partie de nos élites, qu’elles soient politique, culturelle, judiciaire ou sportive méprisent profondément la nation qui leur a donné le jour, et son drapeau ne fait pas exception à la règle. Certes, devant la vindicte populaire, les gouvernants prennent des mesures comme l’introduction de ce délit d’outrage au drapeau, louent le drapeau, chantent le drapeau, encensent le drapeau, dansent le drapeau sans qu’il soit pour eux autre chose qu’un chiffon bleu, blanc, rouge, tient, les mêmes couleurs que leurs torchons. Ces gens qui vivent en apatride dans leur propre pays nous ont donné hier un exemple lumineux de l’estime en lequel les couleurs nationales sont tenues : les brûler mérite une sanction d’un euro d’amende, et de deux-cent-quinze de dommage et intérêts. Percer un préservatif géant, mille d’amende et huit-mille de dommages et intérêts. Sans commentaire.

 

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Approximativement 46 millions d'avortements ont lieu dans le monde chaque année.

Ce compteur donne une idée du nombre de petites vies interrompues depuis le 1er Janvier.

Requiem aeternam dona ei Domine et lux perpetua luceat eis.

Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous.

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